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mardi 13 janvier 2026

Grisaille et gloutons.


Poème alambiqué des grisailles d’hiver

Aux bons soins des corbeaux, cette bruyante engeance

De mes après-midis – seul moment où je pense,

A moins que je n’écrive et ne fasse des vers -.

 

Ma fenêtre est-ce un restaurant à ciel ouvert ?

Miettes de la ville aux hivers d’abondance

Dont ces oiseaux gloutons se remplissent la panse,

Qui leur a mis la nappe et dressé le couvert ?

 

Freux, corbeaux et choucas tout comme vous, corneilles,

Zélés compositeurs de chansons sans pareilles,

Allez donc me chanter janvier un peu plus loin !

 

Allez fanfaronner aux clochers des églises,

Les jardins silencieux ont de vous grand besoin :

Laissez-moi seul ici raconter des sottises !

 


mercredi 29 janvier 2025

Sonnet nocturne.


 Illustration créé avec Microsoft Designer IA.

Au milieu de la nuit je voudrais un sonnet,

Quatorze alexandrins en leur longue cadence,

Pour chanter un amour, dire ce que je pense

Ou rire d'autrefois à l'heure où tout se tait.


La rime des quatrains saute jusqu'aux tercets,

Le dernier vers conclue et sa pointe s'élance,

Le sonnet se termine et l'heure qui s'avance,

En s'étonnant un peu, rit de ce qui me plait.


Est-ce l'instant d'avoir ou bien celui d'attendre ?

Le moment de rêver ou celui de comprendre?

Et quelle est cette voix qui m'enjoint de dormir?


Sans doute la Raison, que l'heure tardive aide,

Elle m'a vu bayer et me fait souvenir

Qu'au sommeil qui s'annonce il faut que chacun cède.


Extrait de Sonnets épars - The Book Edition.

lundi 7 décembre 2020

Un sonnet du Canzoniere de Pétrarque (1304-1374) - Adaptation.

 

 


La nature et le ciel ont du se disputer

Pour vous offrir leurs dons, vous rendant si parfaite

Que le soleil se plaît, vous voyant ainsi faite,

A se croire avec vous en proche parenté.

 

Ils vous ont tant donné, c’était leur volonté,

Qu’il n’est d’homme ici-bas qui sur ces entrefaites         

Ne retrouve à l’instant son âme stupéfaite

Prise aux rets de vos yeux et de votre beauté.

 

Pourtant cette passion que vos charmes inspirent          

Demeure un sentiment dont nul ne peut médire

Tant elle est sans espoir si ce n’est sans regret.

 

Le monde n’a pas vu depuis son premier âge

D’autre beauté que vous obtenir en effet

Qu’une flamme d’amour fut si pure et si sage.

 

                               ***