samedi 28 juillet 2018

Une lettre énigmatique.




Là-bas, où ma voiture emmène la nuit
-Rapide on ne sait trop pourquoi-, une ville
Dont le nom à cause de vous me poursuit.
Ce soir-là, très chère, était-ce aussi futile ?

Qui sait ? Les amants sont toujours si sérieux…
L’ombre s’enivre de vent doux. Ah, la belle
Nuit d’été que voilà -fîmes-nous mieux ?-
Où la lune d’argent toise les ruelles,

De vous à moi bien plus, accessoire assez
Qu’un charmant écrin de province endormie.
Combien de nuits ont depuis sur le passé
Jeté ce voile aux plis duquel tout s’oublie ?

Bien sûr j’écris seul de souvenirs à deux…
Mais après tout ceci n’est pas une lettre
Et puis sans adresse, en dépit de mes vœux,
Le facteur ne saurait à qui la remettre.


                               ***

Les jardins obscurs.




C’est une longue rue déserte
Par une froide nuit d’hiver
Où le regard vide se perd
Le long des grilles entrouvertes.

Les arbres nus dressent, inertes,
Leurs branches où l’ombre se perd ;
C’est une longue rue déserte
Par une froide nuit d’hiver.

Ces jardins obscurs déconcertent,
Abandonnés autant qu’offerts
Aux nuits qui les ont découverts
Entre les façades inertes ;
C’est une longue rue déserte.

                               ***

vendredi 27 juillet 2018

A une petite chienne disparue il y a longtemps.




Adieu la flamme et l’étincelle
Et l’espérance de l’amour:
Le froid et l’hiver pour toujours
Et plus jamais de fleurs nouvelles.

L’aube où la lumière est si belle
N’est plus pour toi, j’ai le cœur lourd,
Adieu la flamme et l’étincelle
Et l’espérance de l’amour.

C’est bien en vain que je t’appelle
Car la mort n’a pas de recours,
Il n’y aura pas de retour ;
Que les larmes aux mots se mêlent :
Adieu la flamme et l’étincelle.

                               ***