lundi 26 août 2019

Chanson lunaire.



(Venise - Place Saint-Marc.)


Les vers un peu sautillants
De sept pieds sont-ils seyants
Pour une chanson nocturne ?
Non, mais rester taciturne
Me pèserait plus que tout,
Me rendrait si mécontent
Que cela serait bien pire
Qu’en me trompant de l’écrire.

Je fais le premier couplet
Pour sa majesté La Lune,
Ses chevaliers et l’attrait
Vieillot d’une valse brune[1].

Le suivant, c’est le second,
Je le compose sans peine,
Il est pour les compagnons
Fameux de la Marjolaine[2].

Le troisième est pour Pierrot,
Arlequin et Colombine
Sans en révéler de trop
Sous les étoiles badines.

Le dernier pour vous et moi
Sûrement en confidence
En raison de mon émoi
Qui l’anime à l’évidence.

                               ***       


[1] Référence à la chanson « C’est la valse brune des chevaliers de la lune… », voir: 
https://www.youtube.com/watch?v=Yc-OIYC--gQ
[2] Référence à la chanson  « Qu’est-ce-qui passe ici si tard, compagnons de la Marjolaine ? » voir:
 https://www.youtube.com/watch?v=CxUqlUQZSvI
 

   

Contrastes.




Dans l’extrême douceur d’un soir de fin d’été,
Goûte la sensation d’être et d’avoir été

Et que l’aurore grince à la porte
Dont tu sais si bien ce qu’elle apporte
Qu’est-ce que cela fait ? Que t’importe ?

Lente, la nuit descend, à quoi bon se hâter ?
Sache apprécier l’instant qui semble s’arrêter.

Chaque matin risque la grisaille,
Ou l’averse ou le froid qui tenaille,
Crains ses murs dont le crépis s’écaille

Mais ce soir du mois d’août maintenant harassé
Demeure sans soucis et n’est-ce pas assez ?

                               ***

mercredi 21 août 2019

Petite ville.




Petite ville d’un été
Dont les commerces en faillite
Aux rues baillent de tous côtés
Et que l’Histoire oublie ou quitte,

Petite ville où les gens vont,
Les uns blafards, les autres ternes,
Avec des rides sur le front,
Des yeux que la pauvreté cerne,

Petite ville qui n’a rien
Hors la naissance d’un grand homme
Dont nul ici ne souvient
Et qui n’attire pas en somme,

Petite ville, que veux-tu,
Il va nous falloir disparaître
Puisque notre âge est révolu
Sans espoir jamais de renaître.

                               ***