mercredi 21 novembre 2018

Dans la ville.




Une existence dans la ville
Ce n’est rien d’autre qu’un passant,
Pour toute adresse et domicile,
La pluie, le soleil ou le vent.
Sur l’asphalte ou sur le pavé
Mille détours reconnaissants,
Mille raccourcis obsédants
Qu’on a mille fois empruntés,
Milles nuances de la pierre,
Mille étincelles de lumière,
Mille reflets, mille clartés
Et mille ombres en liberté.
Un nom derrière une façade,
Une fenêtre sur le temps,
Des souvenirs, il en est tant,
Ceux des amours ou des passades,
Des glorieux, des rebutants,
Aux jours chagrins, aux jours maussades
Les pauvres et les repentants
Et bien sûr -est-ce une boutade ?-
Aux jours heureux les moins constants.
Une existence dans la ville
Ce n’est rien d’autre qu’un passant,
Des mots, sûrement inutiles,
Une histoire que l’on pressent
Et un regard pour domicile.

                               ***

Les vaissseaux de rêve.




Ma lampe de bureau comme un phare perdu
Dans la nuit qui l’entoure , océan de silence,
Où le ressac des jours finit et recommence ;
Quel navire emprunter pour ce voyage ardu
Quand les vagues du temps ont déjà, sur la grève,
Tant de fois rejeté tous les débris épars,
Misérables fragments de ces vaisseaux de rêve
Qu’armèrent nos espoirs pour tant de vains départs ?
Le phare dans ma nuit brille toujours, placide,
La vague suit la vague évoquant l’horizon ;
Quel navire d’ici quand ses cales sont vides
Ne repartirait pas même en morte saison ?

                               ***

mardi 20 novembre 2018

L'hiver du philosophe.




Hiver, calme et froide saison
De la clarté des horizons
Fastueux et brillants de givre
Où le silence vous enivre…
Cette hautaine immensité
Est-ce cela la liberté ?
La neige comme une innocence
Nouvelle et ces routes d’absence
Et sûrement l’oubli de tout
Qui mieux qu’un rite vous absout ?
Hiver, austère litanie
Du vide et son apologie,
Tentant abîme de blancheur
Dans l’éblouissement trompeur
De tes cristaux de glace
La pureté devient une menace.

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