lundi 19 novembre 2018

Là-bas.




Des toits et des clochers dans la ville lointaine
Chantent pour moi le jour, et toute la semaine,
Le vent qui souffle ici m’en apporte l’écho
Lui qui sait consoler ma peine à demi-mots.

Aux murs de ma prison cet ami m’accompagne,
Il sera là demain de forêts en campagnes
Lorsque je m’en irai pour retourner chez moi
En chantant ma cité, ses clochers et ses toits.

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dimanche 18 novembre 2018

Un jardinier en Beauce.




Je ne sais rien du temps qui grave sur le marbre
Le nom des grands combats et leurs morts glorieux
Mais ce que le soleil au moment des adieux
Peint d’automne au sommet flamboyant des grands arbres.

Je ne sais de l’hermine et même de la martre
Que ce qu’un vieux tableau m’en montre en d’autres lieux,
Mais je sais la couleur de la pierre de Chartres
Quand l’aube qui revient semble un office pieux.

Et je sais le bonheur que l’on a d’être au monde
Quand l’éclat du printemps se reflète dans l’onde
Et fuit et s’éparpille en suivant le courant,

Et si je ne sais rien des blasons et des rangs,
Je sais un peu du chêne et presque autant du hêtre,
Un savoir de bien peu mais qui suffit pour être.

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Les Cahiers d'Autrefois - L'amour à la sauvette.




Nous nous rencontrons sur un banc
Faute d’un toit ou d’une chambre,
Comment ferons-nous en décembre
Quand tous les jardins seront blancs ?

Notre amour vit à la sauvette
Comme un amour adolescent,
Insatisfait, toujours en quête,
Fait de rencontres et d’instants.

Et l’on se cherche et l’on s’attend,
Ici très peu, là des miettes ;
C’est un amour que l’on feuillète
Et c'est ainsi depuis longtemps.

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