L'obscur à l'obscur et la pluie
Et la longue marche en silence,
Un exercice de minuit;
L'obscur à l'obscur et la pluie
Au songe qui, bien sûr, s'enfuit
Et qu'on poursuit, sotte dépense
L'obscur à l'obscur et la pluie
Et la longue marche en silence.
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Et la longue marche en silence,
Un exercice de minuit;
L'obscur à l'obscur et la pluie
Au songe qui, bien sûr, s'enfuit
Et qu'on poursuit, sotte dépense
L'obscur à l'obscur et la pluie
Et la longue marche en silence.
J’écris ce que la nuit chuchote
Et les mots sont comme les notes
D’accords qu’on jouerait lentement
Sur d’invisibles instruments.
Le temps s’allonge en mélodies,
Les paroles sont de toujours
En ces strophes qui se dédient
Aux solitudes de l’amour.
Les paroles dansent aux lignes
Légères très obligeamment,
Chanson d’attente, espoir et signe,
Promesse au refrain diligent,
A plusieurs, toutes et chacune,
Selon ce qu’inspire la lune,
Ou clair ou fade, incessamment
Pour que les signe chaque amant.
Trois flocons par ci, trois flocons par là,
Encore l'hiver, toujours et déjà.
L'hiver les nuits ont un manteau d'hermine
Sous un capuchon noir fait d'astrakan,
Elles s'en vont toujours hautaines quant
Au maintien, la prestance et la mine.
Trois flocons par ci, trois flocons par là,
Encore l'hiver, toujours et déjà.
Elles s'en vont en longue procession,
Au pas guindé d'une allure tranquille,
En exhibant des bijoux qui rutilent
Et de givre et de gel et d'ambition.
Trois flocons par ci, trois flocons par là,
Encore l'hiver, toujours et déjà.
Elles s'en vont, figures solennelles,
Aux traits figés, au pouvoir silencieux,
Prendre enfin possession du moindre lieu,
De la grand-place à l'étroite ruelle.
Trois flocons par ci, trois flocons par là,
Encore l'hiver, toujours et déjà.
Et les maisons sous leurs bonnets pentus,
En se pelotonnant comme elles peuvent,
Pauvres et maintenant tristes et veuves
Craignent de vivre en ce monde inconnu.
Trois flocons par ci, trois flocons par là,
Encore l'hiver, toujours et déjà.
La montre que j’entends, car j’entends une montre,
La montre que j’entends n’existe pas.
C’est le temps qui me hante, un tic-tac et rien contre,
La nuit se tait, la nuit n’avance pas.
Horloge ou bien pendule est-ce tout ce qui montre
Le but, le terme et vous tient haletant ?
Qui sait pourquoi la nuit est si propice aux monstres ?
Arrêtez-moi ce cadran que j’entends…
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