samedi 29 septembre 2018

Sur une chaise.




Que fais-je assis sur cette chaise
Quand l’Automne s’épanouit :
L’or brille aux lointains inouïs,
La pourpre, aux bois, est en cimaise ?

Que fais-je entre quatre murs blancs
Quand même l’ardoise scintille
Et que le ciel de bleu s’habille
Au-dessus des chemins tentants ?

Il n’est pas de mots qui suffisent
Pour cette caresse du vent
Quand le matin à l’aube ment
Entre la fraîcheur et la brise…

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vendredi 28 septembre 2018

Chanson de la pluie d'orage.




Une pluie d’orag(e)[1] poussée par le vent
Sous un ciel de plomb et des toits luisants
Où l’averse fuit comme une cascade
Bruissant sans fin ses trois notes fades,
Plus haut, plus bas, plus doux, plus fort.
Chanson du mauvais temps, aux heures grises,
Chanson des toits de Gand, des canaux de Venise,
Chanson du doux ennui où le matin s’endort,
Chanson d’un vieil amour et chanson de demain,
Antienne sans façon, refrain de ritournelle,
Où s’en iront les goutt(es) qui tombent de plus belle ?
Des caniveaux d’ici à l’océan sans fin.
Ainsi ferai-je aussi par la route ou le rêve,
Par les mots que j’écris et le rythme du temps,
Il ne faut pas grand-chose aux heures qui sont brèves ;
J’ai repris mon bâton pour voyager longtemps.

                               ***


[1] Dans cette chanson, comme souvent dans les chansons, pour leur conserver leur rythme, certains des e muets ne doivent pas être prononcé; c’est ce qu’indique leur mise entre parenthèses.

Le silence bavard.




Rien n’est moins silencieux que le silence
Dans un appartement trop familier.
Un bibelot vous fait la révérence
Et vous raconte un moment oublié,
Sur les rayons de votre bibliothèque
Tel livre hors d’âge évoque vos parents :
Et que ce soit Nerval ou bien Sénèque 
Combien de voix murmurent dans ces rangs 
Fragiles et glorieux de leur poussière ?
Ils réveillent l’écho des soirs anciens
De discussion dans la douce lumière
De cette lampe en faïence de Gien
Qui par hasard a conservé sa place
Et je pense, songeur – suis-je à blâmer ? –
Mais toi, miroir, conserves-tu la trace,
Sans en parler, des visages aimés ?

                               ***