dimanche 15 mars 2020

Les Roses I.




J’aurais pu pleurer ce matin
Pour un parfum ténu de roses
Qui me rappelait tant de choses
En le trouvant en ce jardin.

Bruissez feuillages mordorés
Sur le vert des vastes pelouses
Ce sera le plus bel été.

Quand le siècle vaut la minute,
Quand l’instant dit l’éternité,
Quand hier sait que demain débute
Et qu’il n’est plus rien à compter,

Bruissez feuillages mordorés
Sur le vert des vastes pelouses
Ce sera le plus bel été.

Le murmure des feuilles vertes
Ignore l’avant et l’adieu,
Il chante le chant mélodieux
Des joies toujours redécouvertes.

Bruissez feuillages mordorés
Sur le vert des vastes pelouses
Ce sera le plus bel été.

Toutes m’ont dit en aparté,
Car les fleurs ne sont pas que prose,
Ce sera le plus bel été
Et ne veux-tu pas en goûter,
Si peu que ce soit, quelque chose
Dans le parfum ténu des roses
Où meurt ce qui n’a pas été ?

Bruissez feuillages mordorés
Sur le vert des vastes pelouses
Ce sera le plus bel été.

                ***

samedi 14 mars 2020

Va et vient.




Le soir s’en vient, l’hiver s’en va
Et sur l’étang que le vent frôle
Passent les reflets que voilà
Et des nuages qui, c’est drôle,
Aujourd’hui ne s’attardent pas.

Quelque part au bout de l’image
Je crois qu’il pleut sur le Printemps,
Rien ne bouge au bord du rivage
Où quelque vieille barque attend ;
La solitude est sans message.

Qu’est-ce que l’Hiver qui s’enfuit
Emmènera dans ses bagages ?
Qui sait ? mais l’étang calme luit,
L’atmosphère qui s’en dégage
Mêle la douceur à l’ennui ;
Le mois de Mars tourne la page.

Voici l’heure entre loup et chien,
L’Hiver s’en va, le soir s’en vient.

                               ***        

vendredi 13 mars 2020

Demain.



(Strasbourg: palais de l'empereur -place de la République.)

Le poids d’un monde qui n’est plus
Me fait pourtant courber l’échine,
A ce lendemain qu’on devine
Je m’en viens réclamer mon dû,
Heureux encore s’il m’écoute
Moi, le vagabond d’une route
Qu’on prend faute d’un autre choix,
Victime autant que hors-la-loi.
Ce que je perds c’est ce qu’on m’ôte,
N’ai-je pas tendu l’autre joue ?
Qui mit ces bâtons dans mes roues ?
Il n’y va guère de ma faute…

Ainsi parlai-je et je continuai,
Pour rien, demain resta muet.

                               ***