mercredi 12 février 2020

Encore un soir en Italie.




La nuit s’installe nonchalante
En l’herbe humide des jardins
Que la fontaine calme enchante.
La cloche a le timbre argentin
Des cloches aux soirs d’Italie
Et la grève blanche le sait,
L’heure douce n’a point d’envie
Et le crépuscule est de paix.
Mais pour raconter cette histoire
Ces mots ont voyagé sans fin
Par monts, par vaux et par mémoire
Où certains perdent leur chemin…

                                ***

Profession d'autrefois.




Sorbonnards et sorbonnicoles
Me jugeront, je crois, frivole
Et sot et irrévérencieux.
Ils sont savants, ils sont sérieux,
On ne me connaît aucun titre,
Je parle à tort et à travers,
Je suis un fou, je suis un pitre
Et je prétends faire des vers.
Les faire encor c’est peu de choses
Mais en parler, les expliquer !?
On va m’envoyer sur les roses :
De quoi suis-je allé me piquer ?
Des vers que chacun pourrait lire,
Comprendre, aimer et répéter
Et qui, c’est la cause de l’ire,
Méprisent la modernité ?!
Je ne pouvais pas faire pire,
On devrait me décapiter
-Au figuré- c’est assez dire !
Mais j’ai pour moi l’humanité.

                               ***

lundi 10 février 2020

Au fond du jardin.



(Castel San Gimignano - Toscane - Italie.)

C’est une douce nuit d’été,
On entend bruire une fontaine,
Murmure d’eau qui vous entraîne
Aux rêves jamais racontés.

Il n’est que de savoir se taire,
Il n’est que de fermer les yeux
Car la fontaine parle mieux
Que tout ce que l’on saurait faire.

La nuit a conquis le jardin
Où le marbre d’une statue
Sourit, blafard, hors de la vue ;
L’eau chantonne au fond du bassin.

Peut-être la déesse antique
Qui dessous le feuillage noir
Habite la pierre impudique
S’anime-t-elle certains soirs ?

Quand la lune d’une caresse
Bleuit l’argent des oliviers
Et la vasque où frémit sans cesse
Le reflet vague des rosiers,

Peut-être qu’en l’allée déserte
La déesse et le vieux triton
De la fontaine, encore alerte,
S’aiment loin du qu’en dira-t-on ? 

                               ***