lundi 28 octobre 2019

Le pêcheur et lephilosophe.




Un matin de bruine automnale
Je vis un pêcheur sur un quai,
Il faisait gris, il faisait frais
Et la rencontre était banale.

Je regardais du haut du pont
Couler la rivière boueuse
Avec l’attention sourcilleuse
D’un philosophe vagabond.

Le pêcheur surveillait sa ligne,
Le philosophe avec raison
Cherchait une comparaison
Qui d’un aphorisme soit digne.

Mais le pêcheur n’avait pas plus
De succès que le philosophe:
En fait de prise ou d’apostrophe
Ce qu’il cherchait, aucun ne l’eut.

Moralité :

L’eau qui coule dessous les ponts
N’est guère plus riche en poissons
Qu’en bons poèmes de saison.

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dimanche 27 octobre 2019

Estompe.




Un paysage disparaît
Et dans mon souvenir les traits
D’un visage s’estompent.
Ce n’est pas la mémoire, non,
C’est la vie qui nous trompe ;
Je cherche en vain son nom,
L’époque ou l’âge,
Je ne retrouve plus la page.
Et pourtant cela fut,
Et c’était en pleine lumière,
Je le sais bien, je l’ai vécu
Et pourtant rien,
Plus rien,
Lorsque je regarde en arrière,
Le flou, la brume et le brouillard ;
Il serait donc si tard ?

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samedi 26 octobre 2019

Ardeurs premières.




Comme un cheval, secouant sa crinière,
S’ébroue, un bois où s’engouffre le vent
Frémit soudain d’ombres et de lumières
Qu’on voit courir partout, se poursuivant
Et s’enfuyant de sentiers en clairières
Avec ce bruit d’eau vive où, bien souvent,
Nous retrouvions de nos ardeurs premières
Ces mots de feu que j’évoque en rêvant.

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