mercredi 4 septembre 2019

Requiescat.




Il y a les errances du temps
Et celles-là ce sont les routes
Longues des matins tôt qui coûtent
Plus qu’il ne doit au pénitent.

Il y a celles du désir,
Celles-là sont des quais de gare
Où l’on revient, où l’on s’égare,
Toujours déçu, comme à plaisir.

Et de l’errante ou de l’errant
Il ne vaut guère que l’on dise
Plus qu’un mot de latin d’église :
« Requiescat[1] », chacun comprend.

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[1] Requiescat : de la formule religieuse en latin « requiescat in pace » : qu’il repose en paix souvent gravée sur les pierres tombales.

Que faire à minuit ?




Le quotidien a fui
Remplacé par l’absence ;
Est-ce à vous que je pense ?
L’heure vide, sans bruit,
Approche de minuit
Sans faire diligence,
Et que faire à minuit ?

Mais rêver de silence
Et de tranquillité,
De solitude intense,
Oui, rêver de silence,
D’un paysage immense,
D’un instant arrêté
Pour rêver de silence
Et de tranquillité.

Non, de rien d’autre et puis
C’est aussi bien, je pense ;
Vous en voyez le fruit
Dans ces trois mots qui dansent
Et que rien ne conduit.

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mardi 3 septembre 2019

Au soleil du matin.



(La Petite France - Strasbourg.)
Sur le canapé qu’il atteint
J’écris au soleil du matin
Qui déjà me prédit l’automne.
La douceur où je me cantonne
En rêvant d’immortalité
Ne dure jamais qu’un été.
Ces beaux instants qui la couronnent
D’or, dans le même temps claironnent
Ce mot qu’il faudrait méditer
En la goûtant : « futilité » !
J’avoue un soupçon d’amertume
Dans ce quotidien de ma plume
Qui voit comme une trahison
Dans le tournant de la saison
Que ces derniers beaux jours résument ;
Demain se lève dans la brume.

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