jeudi 15 novembre 2018

Nous.




Dans la maison des routes closes
Au grand jardin planté de roses
Il n’y aura que vous et moi,
Antan, jadis et autrefois.
Mais sur l’horizon de passage,
Quatre saisons d’un paysage
Et puis des souvenirs gigognes,
Parfums anciens d’eau de Cologne,
Des savons à la rose-thé,
Ces noms et ces mots emportés,
Tout un ciel avec sa lumière
Et la vie à notre manière,
Comme un dimanche en ses atours
Un peu plus souvent qu’à son tour;
Qui le voudra verra en somme
Il y a là ce que nous sommes.

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Les attributs de la nuit.




La nuit n’est pas de velours ou de soie,
Ce n’est pas l’océan, nul ne s’y noie,
Mais c’est, parfois, comme un semblant de paix,
Souvent la solitude où tout se tait
Et puis ce tête à tête avec soi-même
Où l’on se juge et non pas où l’on s’aime.
La nuit n’est pas le jeu de la passion,
L’oubli de soi, le retour à Sion,
La nuit n’est pas non plus une romance
Mais, quelquefois, c’est un peu d’espérance,
Ce qu’on touche du doigt, ce qu’on atteint,
Une heure qui se donne à son destin
Sans pour autant être fille de joie ;
La nuit n’est pas de velours ou de soie.

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mardi 13 novembre 2018

Notre vie.




Il faut aller, c’est notre vie,
L’avons-nous rêvée en marchant,
Et nos passions et nos envies ?
Il est des prénoms attachants
Dont l’écho redit la caresse,
Il est des prénoms attachants…
Pourquoi faut-il que le temps presse
Et nous chasse, nous dépêchant,
Sur le chemin de ses promesses
Qui répondent à nos penchants ?
Il faut aller, c’est notre vie,
Au nom de quelle fantaisie
L’avons-nous rêvée en marchant ?

                               ***        

lundi 12 novembre 2018

Les glaneurs de l'automne.




Les couleurs s’effeuillent au vent
Et le soleil court la montagne,
Les nuages s’en vont devant,
Leur ombre les poursuit ; qui gagne ?

Entre les buissons de joyaux
Aux éclats mouvants, étincelle
Le cristal impatient de l’eau
Que mille reflets ensorcellent.

Courez, courez comme le flot,
Comme le vent et les nuages
Et faites provision d’images,
L’automne finira bientôt.

Aux derniers beaux jours de passage
Faites provision de bonheur,
Vous êtes les derniers glaneurs
De ciel lumineux, de feuillages,
Des dernières splendeurs
Du paysage.

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