mercredi 29 avril 2020

La lune se promène.



(Strasbourg - Église St-Paul.)

Je vois la lune philosophe
Prendre pour canne un vieux clocher
Et s’en aller seule marcher
Dans quelque quartier limitrophe
Où les jardins ont des fraicheurs
De clairières et de prairies
Exhalant un parfum de fleurs
Dont il se peut qu’elle sourie.

Entre les rangs de cheminées
Que fige un raide garde-à-vous
Elle avance à peine étonnée
De se voir au centre de tout.
Avec minuit le funambule
Elle échange entre les frontons,
En minaudant sur tous les tons,
D’assez vagues conciliabules.

De quoi peut-il être question ?
Je vais, avec sa permission,
La suivre et en dressant l’oreille
Tâcher d’entendre des merveilles…

                               ***

mardi 28 avril 2020

Le mauvais livre.




Dans l’ombre noire d’un sapin,
Au soir qui vient par les allées,
Je lis un de ces livres pleins
De bavardage et de fumée.

Un livre qui passe le temps
Mais qui n’a pas de caractère,
Ce qui n’importe pas vraiment
A l’heure où manque la lumière...

Moire et nuances de l’instant
Que déclinent ces lourds feuillages,
Une placette en s’endormant
Ou l’arête d’un mur sans âge,

La douceur du soir lentement
Alanguit le parc et la ville
Et je me console aisément
De fermer ce livre inutile.

                               ***  
     

Envoi.




Belle nuit, tu l’es moins d’être si solitaire.
Celle pour qui j’écris est demeurée au loin ;
Veille sur son repos et surtout prend bien soin
De calmer son souci sinon de l’en distraire.

Fais pour elle en mon nom tout ce que tu sais faire,
Offre lui ces parfums de campagne et de foin,
De rose et de lilas qui s’exhalent, témoins
De ces moments heureux, doux et crépusculaires.

Apporte lui le calme et la sérénité,
Ce voile de mystère et de légèreté
Qui monte des jardins et déguise les rues.

Pour elle évoque un songe aux couleurs de l’amour
Et si, par aventure, elle te semble émue
Dis-lui qu’en y rêvant je le fus à mon tour.

                               ***