samedi 25 janvier 2020

Découvertes.




Je m’en vais quitter ce vieux monde
En y laissant nos souvenirs,
Un désert s’étend à la ronde
Sans plus rien pour me retenir.

On peut faire des découvertes
Aux endroits les plus anodins,
Il n’y faut qu’une porte ouverte
Et que l’horizon pour jardin.

Je vais compter les vieilles pierres
Aux tours ébréchées des châteaux,
Les ponts tranquilles des rivières
Et les cailloux dans les ruisseaux.

Je vais consacrer ces paroles
Au plus inconstant des reflets
Et rire de ceux que désole
Ce que l’instant a d’incomplet.

Je vais où les mots batifolent
Aux sables gris des océans,
Je vais où raisonner désole,
Où réfléchir est malséant.

Je vais où rien n’a d’importance,
Où rien ne compte, où rien ne fuit,
Oui, je m’en vais où cette stance
A son point final me conduit.

                        ***

Le long des quais.



(Strasbourg - St-Guillaume et le quai des Pêcheurs.)

Le ciel est doux, tranquille et pâle
Par-dessus les quais où se perd
Un lent crépuscule d’hiver
Parmi les ombres inégales.

La beauté calme des reflets
Où les heures du jour s’achèvent
Dit à voix basse les couplets
D’un chant qui n’a jamais de trêve.

Un chant ni triste ni joyeux
Qui ressemble aux chansons de toile
Et voici la première étoile
Au plus extrême bord des cieux.

Dessus les ponts on déambule,
C’est une foule en porte à faux
Qui ne voit pas au fil de l’eau
Le soir jouer au funambule.

Toutes les heures sont égales
Pour le passant qui ne sait rien,
Ce sont celles du quotidien ;
Le ciel est doux, tranquille et pâle,
Au long des quais la nuit s’exhale
En un songe qui vous contient.

                               ***

jeudi 23 janvier 2020

Invitation.





Oui, je t’invite à la sérénité du monde :
Le matin clair, la nuit profonde,
Les prés nouveaux et le vert sombre des forêts
Où la source fuit sans regret.
Aujourd’hui je t’invite à des heures joyeuses,
Drôles, recueillies ou sérieuses,
A ce moment précis où tout semble en déclin,
Où certains parlent de "la Fin ".
Bien plus encore, moi, je te fais la promesse
Des coquelicots en liesse
Tout au bord des chemins, des bleuets dans les champs,
Dans les jardins, des lilas blancs,
Bleus, mauves ou violets dont le parfum enivre
Et dit au vent qu’il fait bon vivre
Aux beaux jours du printemps.

                        ***