mardi 22 octobre 2019

Les noces du rêveur et ce qui arriva.




J’ai tout au fond du cœur,
J’ai tout au fond de la mémoire
La silhouette d’un rêveur
Et voici son histoire,
Écoute !

Où qu’il passât
Ce rêveur là
Rêvait de fonder un foyer,
Il prit donc femme mais croyez
Que ce ne fut pas là une excellente idée.
Pensez-y bien, un rêveur, s’attarder
Au même endroit pour plus d’une journée ?!
Sans doute elle était belle,
Sans doute il était bon,
Et l’une était fidèle
Et l’autre vagabond…
C’est pourquoi il eut beau rêver
Chaque jour vit l’orage se lever.
Et lorsqu’il eut compris, mais une fois pour toutes,
Mais cette fois vraiment,
Qu’il s’était bien trompé et lourdement,
Il jeta sur l’appartement
Un regard empreint de tristesse
Et chaque chose familière
Eut droit à la caresse
D’un souvenir mi-parti d’ombre et de lumière
Puis il ouvrit la porte et s’en alla,
Guère plus las,
Pour reprendre la route
Où il rêve encore sans doute.

                               ***       

lundi 21 octobre 2019

A l'envers.




Lorsqu’à la fin tomba
Le soir dessus la plaine
Les roses délicats
Fuirent l’ombre prochaine

Et la nuit noire vint
Toute lumière éteinte ;
Chaque jour lutte en vain
Contre une telle étreinte…

Les formes, les objets
Lentement disparurent,
A l’Ouest un reflet
Cernait la voûte obscure.

Quand, rejetant ses voiles,
La lune se leva
Suivie de mille étoiles,
Quel souci m’éveilla ?

                               ***

De trous en ornières.



(La Loire à Meung-sur-Loire.)

Il pleut sur les chemins, il pleut sur le printemps
Et mille flaques d’eau se rident sous le vent,
De sillons en sillons et de trous en ornières
Sous l’argent ou le bleu d’une étrange lumière.

La violette a fané, les arbres sont en fleurs,
Du froid à la douceur et de la joie aux pleurs
S’il naît un nouveau jour, quoique l’espoir conquière,
Il pourrit de vieux troncs dans l’eau de la rivière.

                               ***