mardi 16 janvier 2018

Au bal.





Le bal commencé,
Tous doivent danser.

Saute là, garçon,
Saute ici, fillette,
Miaulent les violons,
Grince l’épinette !

Le bal commencé,
Tous doivent danser.

Un pas à pas lent,
Un pas qui sautille ;
Pour un compliment,
Un regard qui brille.

Le bal commencé,
Tous doivent danser.

Un mot doux qui en vaut mil
Et la nuit a des prunelles,
Sous le noir de ses longs cils,
Qui lancent des étincelles !

Le bal commencé,
Tous doivent danser.

Quadrilles, marches, polkas,
Un tango, des amourettes
Et un baiser pour en-cas
Avant les valses-musettes.

Le bal commencé,
Tous doivent danser.

On se plaît et l’on s’émeut ;
Dansez, entrez dans la ronde,
Il suffit d’un soir à deux
Pour aller au bout du monde.

Le bal commencé,
Tous doivent danser.

Ne vous demandez pas « qui ? »
Et ne cherchez pas « laquelle ? »,
Venez danser avec lui
Et vous, dansez avec elle !

Le bal commencé,
Tous doivent danser.

Tant que le bal durera
Qu’on se quitte et se rencontre,
Quant à l’heure qu’il sera,
Qui veut regarder sa montre ?

Le bal commencé,
Tous doivent danser.

Marquez du pied chaque temps,
Virevoltez en mesure,
Arrêtez-vous un instant ;
Reprenez à toute allure !

Le bal commencé,
Tous doivent danser.

                               ***

lundi 15 janvier 2018

Sur l'île de Torcello.




Un jour d’hiver, sur la lagune grise,
A Torcello, du plus haut de l’église,
On mesurait ce que dit l’abandon
Quand l’Histoire se tait, que tout se fond
Dans l’indistinct brumeux de son silence
Et le désert de notre indifférence.
La mer à l’horizon lamé d’argent
Brillait au bord des ilots indigents,
Et le long des canaux, les champs en friche
Aplanissaient les palais des plus riches ;
Ronces, bosquets et chemins écartés…
Où sont allés l’or et les vanités ?
Dans le clocher, je restais immobile,
Voulant songer, c’est peut-être futile,
A tout ce que l’on tait pour dire bien
Un jour d’hiver banal en tout et rien.

                               ***       

samedi 13 janvier 2018

Dehors, dedans.




Quand il fait aussi froid dehors
C’est quelquefois qu’au fond de l’âme
Il fait beaucoup plus froid encor
Et qu’il n’y brûle plus la flamme
Qui vous réchauffait jusqu’alors.

Les semaines se font plus grises
Et les jours sont d’autant plus durs
Que les routes sont indécises
Où mon pas n’est plus aussi sûr ;
Que vaut la peine que j’ai prise ?

                               ***