jeudi 17 août 2017

Le Cycle des Amours Déçues XXXXI – Amour d’été.



(Eglise St-Maurice - Sens.)

L’Hiver est revenu
Et la rivière est grise
Et les arbres sont nus ;
L’Hiver est revenu.

Amour d’été tenu,
Leçon bien mal apprise, 
L’Hiver est revenu
Et la rivière est grise.

                               ***

mercredi 16 août 2017

Trois courts poèmes de la nuit.

(Coucher de soleil sur la rivière Belon - Bretagne.)
La vie est terriblement brève
Mais le plaisir l'est plus encor
La peine, elle, ignore la trêve;
La vie est terriblement brève.

Chaque jour passé nous enlève
Des illusions sur notre sort:
La vie est terriblement brève
Mais le plaisir l'est plus encor.

                     ***

L'ombre, ma compagne de mots
À l'heure où minuit s'interroge
Sur l'amour, la vie et ses maux,
En maugréaient maudit l'horloge
Et me sourit d'un air penaud:
Est-il trop tard ou bien trop tôt ?
Avant que l'aube nous déloge
Ne ferons-nous pas ce qu'il faut ?

                     ***

Et la nuit se fait vieille,
Une vieille qui court
Sans repos vers le jour;
Qui sait pourquoi je veille,
Cette page en ma main
Et la nuit qui m'entoure
Que les heures parcourent
En murmurant "demain"...

                   ***

dimanche 6 août 2017

La nuit inamicale.



(Église St-Jean - Strasbourg - Alsace.)

Je vais au pas de mes soucis
Dans une nuit inamicale,
Rêvant de solutions bancales
A des problèmes imprécis.

Mais la tristesse est bien présente
Dont je connais tous les pourquoi
Sans compter ceux qu’elle s’invente
Comme elle en a d’ailleurs le droit.

Et tout cela, vaille que vaille,
Va son petit chemin de nuit
Sans que je trouve aucun appui
Pour guérir ce qui me travaille.

Il est vrai qu’une fois guéri,
Y dormant comme tout le monde,
Mes nuits passeraient infécondes
Et plus rien n’en serait écrit.

                               ***

Chanson des champs.





A ma grande souffrance
S’il n’est culture en France,
Qu’est-ce donc que cela,
Mon Maître, que voilà ?

Si drôle ou si touchant
Si ce n’est pas un chant
Alors qu’est-ce donc, Sire,
Voulez-vous me le dire ?

Pauvre de remembrance
S’il n’est culture en France
Qu’est-ce donc que cela
Que je vous écris là ?

Méthode et manuel
Pour labourer le ciel
Et moissonner la brise ?
Non, je vous en avise.

Sont-ce là litanies,
Injures ou folies
D’un esprit désuni ?
Non, Sire, que nenni !

A l’avers, au revers,
Ne sont-ce pas des vers ?
Ceux qu’il faut qu’on écrive
Et non ceux pour les grives !

Contre toute espérance,
S’il n’est culture en France
Il n’en est chez Adam
Ni dehors, ni dedans !

                                ***        

samedi 5 août 2017

Le Bouffon dit au Roi...



(Ruines du prieuré St-Léonard - L'Île Bouchard - Touraine.)

Il était un palais de marbre
Au centre d’une capitale,
Il pousse aujourd’hui de grands arbres
Sur ses ruines de pierre pâle.

Seul le vent y murmure encor
Le nom de son prince oublié,
Celui de son empire mort
Ou de ses principaux alliés.

Pourquoi t’en étonnes-tu, Homme,
Puisque les dieux eux-mêmes passent !
Jupiter et l’antique Rome
N’ont-ils pas du céder la place ?

Tes œuvres valent moins ou peu
Pour ne rien dire de tes choix,
- Tu le vois, n’est pas Zeus qui veut –
Demain qu'en sera-t-il pour toi ?

                               ***        

mercredi 2 août 2017

Le Cycle des Amours Déçues - XXXIX - Les Amants d'un Eté.





A nos amours, t’en souvient-il ?
Aussi Nomades qu’incertaines
Aux arènes sans alguazils
De nuits maintenant si lointaines…

A défaut d’autre intimité
L’ombre nous était un refuge
Aux plus beaux moments de l’été
Dont nous voici tous deux transfuges.

Te souvient-il… Mais à quoi bon ?
Tout ce qu’ici les mots évoquent
Ce sont des moments vagabonds
Et le temps passé les révoque.

A nos amours, qu’au fond de moi
Ce que j’en garde te chérisse,
J’y retrouve tous mes émois !
Mais non l’acteur ou bien l’actrice…

                               ***