vendredi 7 décembre 2018

A Villandry.





(Jardins du château de Villandry - Indre et Loire. Musique Johannes-Hermann SCHEIN (1586-1630), Gaillarde extrait du CD Danses de la Renaissance -Collection du Millénaire-Ulsamer Collegium, Collegium Terpsichore-Deutsche Grammophon.)

 

Laissons au présent nos déboires
Et vagabondons en esprit
Au doux soleil de la mémoire
Dans les jardins de Villandry.

Parmi les couleurs éclatantes
D’une mosaïque de fleurs
Que les fontaines concertantes
Nous bercent d’un rythme enjôleur.

Le buis cerne un cœur de tulipes
Rouges comme l’amour passion
Auquel le soleil participe
Non sans un peu d'indiscrétion.

Ombre qui dessous les ombrages
Vous glissez fugitivement,
Vous êtes bien plus que l’image
Dont rêvait le cœur d’un amant.

Faut-il des simples[1] à la treille[2]
Cueillir l’ellébore[3] des fous
Ou ce grain d’ivresse vermeille
Pour rêver ici mieux que vous ?

                               ***


[1] Les simples : il s’agit ici des plantes médicinales telles que la valériane, la mélisse, la sauge etc, cultivées autrefois à part dans un « jardin de simples ».
[2] La treille : nf, se dit d’une plante grimpante que l’on fait pousser sur un support ici la vigne. Voir : http://www.cnrtl.fr/definition/treille
[3] L’ellébore : nf, est une plante de la famille des renoncules qui passait pour fournir un remède à la folie. Voir : http://www.cnrtl.fr/definition/ell%C3%A9bore

jeudi 6 décembre 2018

En panne.




Nul grand sujet ne me vient à l’esprit,
Allez vagabonder folles pensées !
J’oublie ce soir tout ce que j’ai appris ;
Nul grand sujet ne me vient à l’esprit.

Je n’en trouve pas non plus de petit,
Ma rime en serez-vous très courroucée ?
Nul grand sujet ne me vient à l’esprit,
Allez vagabonder folles pensées !

                               ***

lundi 3 décembre 2018

Le coucher.




Minuit s’avance à reculons
Pour ne pas voir la proche aurore,
Venez ici, mon édredon !
Minuit s’avance à reculons.

A dormir serais-je trop long ?
A cette heure j’écris encore ;
Minuit s’avance à reculons
Pour ne pas voir la proche aurore.

Mon oreiller, venez, allons !
Alors que la nuit va se clore,
Bouder, vous avez de l’aplomb !
C’est un retard que je déplore ;
Minuit s’avance à reculons.

Pendards, assez de métaphores,
Je rêve d’un sommeil de plomb :
Minuit s’avance à reculons
Pour ne pas voir la proche aurore.

                               ***