Quand l’esprit s’est mis en veilleuse,
Un petit air presque indolent,
Une comptine, une berceuse,
Quand l’esprit s’est mis en veilleuse.
Et quant aux veilles sourcilleuses
Qu’un autre y prenne son élan,
Quand l’esprit s’est mis en veilleuse,
Un petit air presque indolent.
Comme un refrain un peu vieillot,
Comme une vague mélodie
Peut-être en pièces des lambeaux
Qu’on voudrait en vain réunies…
Un trois fois rien dont on s’émeut,
Un souvenir à l’eau de rose,
C’est le cœur qui déraille un peu,
Une émotion qui prend la pose…
Ce n’est rien, c’est n’importe quoi,
Vivement que demain arrive ;
Il vaut mieux se coucher, je crois.
Ce n’est rien, c’est n’importe quoi.
Allez, nous n’irons plus au bois,
Le fleuve coule entre ses rives.
Ce n’est rien, c’est n’importe quoi,
Vivement que demain arrive.


