lundi 29 octobre 2018

Romance nocturne.




La nuit est propice au sourire,
Aux souvenirs également
Dont on ne peut pas toujours dire
Qu’on les évoque en s’amusant.

Ils chantent sur un air de foire
Ou sur un air d’enterrement,
Les uns ont pour prénom « déboires »
Et les autres « amusements ».

Dans la famille des amours
Il en est peu, il n’en est guère
Qui n’aient connu un triste cours
Et souvent une fin amère.

Se souvient-on que quelquefois
On en connut aussi de douces ?
Mais ce sont, à ce que je crois,
Les premières que l’âge émousse.

De nos espoirs, de nos projets
Que reste-t-il au bout du compte ?
Les quelques vers qu’on en a fait,
Ce qu’à soi-même on se raconte

Avec « il était une fois »
Où tout s’estompe et recommence ;
Chacun son Dieu, chacun sa foi
Comme aussi chacun sa romance.

                               ***     
  

dimanche 28 octobre 2018

Le temps change.





Adieu vendanges,
Octobre fuit, la saison change
Et il s’est fait des champs aux bois
Un grand silence froid.

Près du square où les grilles de fer rouillent
Les arbres se dépouillent
Et les bancs sont déserts
Dans la grisaille où le regard se perd.

Il pleut dessus la route
Des peupliers dont les branches dégouttent,
Sur les jardins, les platanes du bourg,
Les balcons et les cours.

Et les jours raccourcis, aigres et vides,
En cortèges livides,
Muets ou ânonnant,
S’en vont gagner la nuit en tâtonnant.

                               ***