dimanche 24 septembre 2017

Le "bon vieux temps".





Le « bon vieux temps » me fait sourire,
J’ai volontiers l’esprit rêveur,
C’est un défaut – j’en sais de pires –
Le « bon vieux temps » me fait sourire.

Mais quel est donc ce « bon vieux temps » ?
Est-ce le temps de nos fredaines
Ou de nos sottises d’antan ?
Ma foi, la chose est incertaine !

Incertaine la chose et puis l’instant
Mais peut-être un peu moins la peine
Mais peut-être un peu moins le temps,
Il faut un jour quitter la scène.

Certains voudraient,  tant ils l’admirent,
Y retourner. Sotte candeur !
Le « bon vieux temps » me fait sourire,
J’ai volontiers l’esprit rêveur.

                               ***



samedi 23 septembre 2017

N'oublie pas.





N’oublie pas la Parque[1] et sa loi,
Le temps, le destin et l’errance,
La douceur prépare le froid ;
N’oublie pas la Parque et sa loi.

La faim et l’hiver sans un toit
Et l’accident et l’imprudence
Ont planté d’innombrables croix ;
Ai-je dit les flammes qui dansent ?
N’oublie pas la Parque et sa loi.

Ici la peste d’un seul doigt
A fauché cent mille existences,
La guerre, là, en une fois,
Cent fois autant avec aisance ;
N’oublie pas la Parque et sa loi.

Le chemin se perd dans le bois,
Un espoir et mille souffrances ;
N’oublie pas la Parque et sa loi,
Le temps, le destin et l’errance.

                               ***


[1] Parque : trois divinités grecques, Clotho, Lachésis, Atropos, divinités du destin représentées commes des fileuses qui respectivement apprête, déroule et coupe le fil de la vie humaine.

Fête d'hiver.




La cloche sonne dans la nuit
Dessus la flèche cathédrale,
La ville dort, la lune est pâle
Et je n’entends plus aucun bruit.

Le vent souffle et porte l’écho
Sur la plaine où dansent les ombres,
Le ruisseau luit, le bois est sombre,
Je ne trouve pas le repos.

L’hiver semble si doux ce soir,
Je ne sais pas où va la route,
Le pré m’entend, le champ m’écoute,
Est-il autre chose à savoir ?

                               ***

mercredi 20 septembre 2017

Au bleu du crépuscule.





Le crépuscule est bleu, mélancolique et bleu,
Les arbres et les toits s’y fondent peu à peu,
Le crépuscule est bleu, tranquille et silencieux.

Lente la nuit descend obscurcissant le quai,
La rivière est d’argent et la ville se tait,
Lente la nuit descend et cette heure me plaît.

Sur la branche sans feuille où la lune scintille,
J’ai posé d’un regard ce rêve qui vacille,
Sur la branche sans feuille et sur l’onde qui brille.

Chaque fois que revient l’heure du crépuscule,
Le temps cesse de fuir et peut-être recule,
Chaque fois me revient cet espoir incrédule.

                               ***