samedi 21 mars 2020

Les Roses II.





Je regarde tomber la pluie,
Indifférente à l’air du temps,
Dessus une ville amuïe[1]
Où la solitude m’attend…

Laisse aux heures de joie enfuies
Qui rêvent toujours du Printemps
La rime de cendre ou de suie
Que cette strophe au terme attend.

C’est un poème trop facile,
Vers de rencontre et de hasard,
Dignes de talents imbéciles
Ou paresseux de vieux lézards.

Dans la pénombre des allées
Où cette longue averse luit,
Au froid mordant des giboulées,
Songe plutôt à ce qui suit,

Que je t’inspire d’autres stances:
Je serai ce que j’ai été,
Plein amour et pleine confiance,
Libre espoir et libre beauté,
Qu’as-tu besoin d’une autre science ?
Je suis la rose de l’été !

                               ***


[1] Amuï(e) : participe passé d’amuïr, verbe défectif, « qui cesse d’être prononcé » mais à l’origine « qui devient muet », voir : https://www.cnrtl.fr/definition/amu%C3%AFr

vendredi 20 mars 2020

Par grand vent.



(Île d'Ouessant - Bretagne.)

Le vent souffle bien fort ce soir,
Fais attention qu’il ne t’emporte !
Bonjour ma vie et venez vous asseoir ;
Le vent souffle bien fort ce soir.

On n’as pas souvent l’occasion d’avoir
Une conversation de cette sorte,
Ma vie asseyez-vous, je veux savoir ;
Le vent souffle bien fort ce soir


Elle m’a dit : « Pourquoi veux tu me voir ?
Pour plaire à la nuit noire qu’il escorte
Le vent souffle bien fort ce soir,
Fais attention qu’il ne t’emporte !

                               ***   
    

Errance.



(Lecouvent du  Bischenberg - Alsace.)

Un vent froid s’est levé
Dans la forêt,
Sous une lune obscure,
Pour venir battre ma fenêtre,
Portant une odeur de genêt
Et d’aventure.
Les champs s’allongent dans la nuit
Au long des routes solitaires,
Une écharpe de brume
Sur la rivière a luit ;
C’est mon errance vagabonde
Qu’en rêve je poursuis.
Un vent est venu jusqu’à moi
Pour me rappeler ces jours là
Et je repartirai :
Le temps ne compte pas.

                               ***