lundi 9 mars 2020

Le jaloux du crépuscule.




C’est l’heure où les nuages roses
Virent très lentement au gris
Dans le ciel de nacre où s’écrit
La fin du jour, où toutes choses
S’éloignent si paisiblement.
Sur les carreaux d’une fenêtre
Un ultime scintillement,
Adieu, sans vouloir le paraître,
D’un jour rempli de souvenirs
Si tranquillement minuscules…
Calme bonheur des crépuscules
Que l’ombre arrive à retenir
Aux quatre coins de cette pièce
Où, le livre sur les genoux,
Souriant, le cœur en liesse,
Vous goûtez l’instant en jaloux.
Plus de soucis, plus de querelles,
Plus d’incertitudes nouvelles,
D’agitations ou de discours :
Rien que ce calme au bout du jour.

                               ***
       

dimanche 8 mars 2020

Au carrefour.




Deux voyageurs, vous et moi,
Au carrefour d’un seul choix
En hésitant s’interrogent
Et pendant ce temps l’horloge
Marque l’histoire et le temps
Ainsi que chacun l’entend.
Où peuvent mener ces routes ?
Le sauraient-ils que, sans doute,
Ils n’hésiteraient pas tant.
Et le soir en cahotant
Chemine dans la campagne,
L’ombre froide l’accompagne,
Vous et moi -les voyageurs-,
Restent tristes et songeurs
A chercher quelque assurance
Au carrefour d’ignorance
Des lendemains angoissants
Dans ce monde vieillissant.

                               ***

A la santé des amours d'autrefois !




Il pleut sur les quais de la Seine
Tout comme il pleut au bord du Rhin,
Dessus Valmy et son moulin ;
Il pleut sur Groix et sur Molène.

Il pleut sur l’hiver qui se traîne
Sur le pavé des jours sans fin,
Il pleut sur les quais de la Seine.

Si tous les amours sont de peine
Il pleut sur la coupe de  vin
Que je lève au nom de chacun
Et que l’averse les emmène !
Il pleut sur les quais de la Seine
Tout comme il pleut au bord du Rhin.

                ***