mardi 12 novembre 2019

Une nuit en ville.




Les lumières des magasins,
Celles des phares, des feux rouges,
Partout changent, scintillent, bougent
Sur l’octobre d’un soir chagrin.

Et dans la nuit des girouettes
Et des façades à pignon
Il n’est plus que des silhouettes
De passants et d’habitations.

Une grand-place met en scène
Un décor en deux dimensions
Pour un ballet d’ombres qu’entraîne
Une mutuelle attraction.

Et tous ces va-et-vient dessinent,
En arabesques de la nuit,
Un poème dont on devine
Que l’équivoque le conduit.

Nuit d’une élégance factice,
Hôtesse de tant de rumeurs,
Ta ville n’est qu’un artifice
Qui cache l’absence d’un cœur.

                               ***

lundi 11 novembre 2019

Fragments.




C’est un balcon sur quatre rues,
Un bout de parc en point de vue,
La ville et la rumeur des nuits,
Le passage des trams et puis
Des passants, des mots qui s’envolent
Et moi qui rit ou me désole
Selon le moment et l’humeur,
Juin qui s’en vient et Mai qui meurt,
Bribes d’instants, fragments de vie ;
Le cours de ma pensée dévie
Mais ce n’est rien, recommençons :
C’est un balcon…

                               ***      

dimanche 10 novembre 2019

Romance.




Et la coupe amère acceptée
Ne l’ai-je peut-être pas bue
Jusqu’à la lie, ô toi l’élue,
Elle-même non exceptée ?

Que si l’on veut me reprocher
Et la patience de mes jours
Et mon cœur toujours attaché,
Répondrais-je d’un mot ? « L »Amour » ?

Perles des jours, collier de nacre
Au cou de celles qui paradent,
Je n’ai que l’ambre et le sel âcre,
Joyaux offerts à qui les brade ;

Et l’on m’a dit que c’était peu,
Il y a moins encor, voyez :
L’absence et le foyer sans feu
Et pire, l’espoir oublié.

                               ***