jeudi 1 août 2019

L'oblat - Pastiche "à la manière de ".



(Vitrail de l'église St-Pierre de Saumur.)

Et de croix d’or ciselé, si précieux
Qu’on le voudrait ou juste l’imagine,
Il n’en sera jamais dessous les cieux
De plus haut prix que du bois qu’aima Dieu.

A quel paraphe au bas d’une cédule[1]
Semblable, un pleur qu’étouffe la cellule
Pieuse où quelque novice méditant
Abandonne le monde avec le temps ?...

Aimant, ce cœur, qui ne s’inquiète guère,
Du silence à jamais, malgré la terre,
Où son vœu le condamne et sans remords,
D’ainsi s’ensevelir autant que mort.

Et tels les mots et telle aussi l’image,
Enluminure en l’esprit, d’une page
Qu’écrit au parchemin des jours, l’oblat[2]
Qu’en sa pénombre un poète vit là.

                               ***       


[1] Cédule : n.f., désignait autrefois le document par lequel quelqu’un prenait un engagement. (Voir : https://www.cnrtl.fr/definition/c%C3%A9dule  )
[2] Oblat : n.m., désignait autrefois l’enfant dont une famille faisait présent à un couvent pour qu’il y passe sa vie entière en y devenant moine ou moniale. (Voir : https://www.cnrtl.fr/definition/oblat )

En avant !

(La Loire à Saumur.)

Il est temps, il est grand temps
De quitter et de reprendre :
La route s’appelle « antan » ;
Il est temps, il est grand temps.

En ce jour, le cœur content,
Nous cessons enfin d’attendre ;
Ces vers dits en s’apprêtant :
Il est temps, il est grand temps.

Si ce qu’un sage prétend
Un autre ne peut l’entendre,
Demain devient inquiétant ;
Il est temps, il est grand temps.

Ailleurs, un dernier printemps,
Comprenne qui peut comprendre ;
Il est temps, il est grand temps
De quitter et de reprendre .

                               ***       

Pierrot.




I.

Au noir le plus profond des nuits
Pierrot allume une chandelle
Et son bougeoir de cuivre luit
Au noir le plus profond des nuits.

Pierrot reprend sa plume et puis
Ecrit un chant qui parle d’elle
Au noir le plus profond des nuits,
A la clarté de sa chandelle…

II.

La lune manque et c’est tant pis,
Colombine est toujours plus belle,
Fantôme en son ombre tapi ;
La lune manque et c’est tant pis.

L’amour sait jouer du dépit,
C’est en vain que Pierrot l’appelle,
La lune manque et c’est tant pis,
Colombine est toujours plus belle.

                               ***