jeudi 14 février 2019

L'Hiver bougon.




L’Hiver qui somnole au bord de l’eau claire
Rêve peut-être aux neiges d’autrefois,
Lorsque son blanc manteau couvrait les toits
Et qu’il effaçait sur toute la terre
Ornières, sillons, routes et fossés,
Quand l’horizon lointain et le ciel pâle
Ne faisaient qu’un dans la lumière opale
Et le froid mordant de ses jours glacés.
Il n’est plus de neige et guère de givre,
L’eau qui s’enfuit en reflets changeants
De ciel d’azur étincelant d’argent,
Aux feuillages roux apprend à revivre.
Aujourd’hui déjà ressemble au Printemps…
Excusez-le, tout cela le désole,
Voici pourquoi le vieil Hiver somnole
Un peu tristement et dort mécontent.

                               ***        

L'automne de Vence (fin de vacances).



(Cagnes sur Mer, été 95.)

Il s’est levé un vent d’automne
Avec quelques nuages gris,
La rose sourit et s’étonne
Mais l’olivier l’a bien compris 
Il s’est levé un vent d’automne.


Les cyprès noirs à l’horizon
Regardent lamer qui moutonne,
Le pin qui soupire a raison ;
La cloche plaint quand elle sonne
Les cyprès noirs à l’horizon :
Il s’est levé un vent d’automne.

Je suis au jardin demeuré,
Pensif et sans grande allégresse
Pour m’être énamouré
Des biens et des choses qui cessent,
De la lumière de l’été,
Du soir qui tombe sans tristesse,
De l’aube et de sa pureté.

Mais le temps fuit et les jours passent
En ce séjour tout comme ailleurs,
Voici donc l’heure qui me chasse
Contre mon gré et mon bonheur,
C’est en vain que je me raisonne,
On peut parfois suivre son cœur ;
Il s’est levé un vent d’automne.

                               ***       

mercredi 13 février 2019

Anniversaire.




De l’eau passera sous le pont,
Tranquillement indifférente :
Ce sont nos jours comme ils se font
Qu’en s’enfuyant la rivière chante.
La rivière aux mille reflets
Où se mire notre existence,
Nuages couleur de regret,
Eclair, joyeuse incandescence
Au hasard de tous les instants
Dessus la rivière changeante
Et par les écluses du temps
Où son flot parfois s’impatiente.
Et de nos passions millénaires
Qui durent ce que nous durons,
Et de nos chagrins solitaires
Qui s’en vont comme ils reviendront,
Il passera plus d’une vague,
D’un tourbillon ou d’un remous
Avant que nos jours divaguent
Au flot qui va je ne sais où.

                               ***