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mardi 28 octobre 2025

Déploration en forme de ballade.


J’écris pour me plaindre du temps

Ce texte aux rimes mécontentes :

La Fortune est souvent méchante,

On la poursuit en haletant,

Elle s’en moque et méprisante,

Elle vous sème en un instant ;

Vous sentez demain inquiétant

Et dans la nuit qui se présente,

La lune monte indifférente.

 

Peut-être qu’un lit vous attend,

Perspective satisfaisante

Jusqu’au moment où se présente

La solitude qui s'éprend

Du rôle d’épouse apaisante,

La toujours prête à tout instant,

La vierge à l’amour impotent,

Une compagne déplaisante ;

La lune monte indifférente.

 

La paix à laquelle on prétend,

Recherchée et jamais présente

Et cette aide toujours absente

Dans un besoin qui croît d’autant,

Les heures toujours consentantes

A vos ennuis -il en est tant-

Le souvenir se repentant,

Rien d’autre où dans ces nuits d’attente

La lune monte indifférente.

 

Passant des routes existantes,

Ayant lu ces vers attristants,

Tu pourrais, les commentant,

Plaindre celui qui se lamente ;

La lune monte indifférente.

 

 

jeudi 23 janvier 2020

Invalide !




Comme je sens ce soir que mon esprit est vide,
Vide de tout désir, vide de tout amour !
Le reconnaître ici ne m’est d’aucun secours,
Ma pensée, elle-même, apparaît invalide.

Mon esprit est semblable à quelque terre aride
Que le printemps évite en faisant un détour
Car rien ne peut germer des cailloux alentour,
C’est un sol infécond sous un ciel insipide.

Je tiens ma plume en main et ne sait rien en faire,
Je me saisis en vain du plus gros dictionnaire,
La cadence m’échappe et le sujet me fuit.

La tâche d’un sonnet, dont ici je m’acquitte,
Vaut une punition qui me coûte la nuit
Et vaincre mon dégoût n’accroît pas mon mérite.

                        ***  
   

lundi 6 mai 2019

Le mécontent - 1830.



(Meung-sur-Loire: église St-Liphard.)

Après le plaisir des semailles
J’allais à la moisson serein,
Je n’ai récolté que la paille
D’autres ont profité du grain.

Au cycle des quatre saisons
C’est encor l’hiver qui m’emmène ;
Si j’en connaissais la raison
L’action remplacerait la peine !



(Meung-sur-Loire: église St-Liphard.)

Le temps de compter jusqu’à trois
Je vous inventerais la fête,
On ne parlerait plus de moi,
Comme en fait, en hochant la tête.

En vieillissant, c’est ma folie :
J’attends ; j’attends peut-être en vain,
Avec tant d’autres qu’on oublie,
Que vienne l’heure du regain.

                               ***