samedi 21 décembre 2019

Une photo du temps qui passe.



(Strasbourg 1997.)

Une photo du temps qui passe,
Une photo du temps passé,
Des jours et des heures lassés
Qui ne laissent guère de traces
Sinon celles, j’en ai assez,
En tant de cartons amassés
Qu’on revoit songeant à voix basse :
Une photo du temps qui passe.

Et quelquefois dans cet espace,
Ce court instant de face à face,
Hier et demain semblent danser
Enfin unis, entrelacés,
Avant que la scène s’efface
Comme un reflet à la surface
Et les bords de papier glacé
D’une photo du temps qui passe.

                               ***

dimanche 8 décembre 2019

Autant qu'on peut.



(Pêcheurs sur la Loire à Saumur.)

Choses de rien,
Bonheur quand même
Du quotidien ;

Sans que l’on aime
Ou plus ou mieux,
Bonheur quand même.

Un don des cieux
Qui fait sourire
Ou plus ou mieux ;

Rien d’autre à dire
Sinon ce peu
Qui fait sourire

Autant qu’on peut.

                               ***

En impair.



(La Loire à Meung-sur-Loire.)

Les mots de la nuit,
Certains sont pour toi,
Cailloux dans un puits
Mais sans fond je crois
Puisque je n’ouïs
Dans la nuit, des mots
Pas le moindre écho.

Des rimes ensuite,
Des strophes encore
Que pas un n’ébruite,
Que l’ombre dévore,
Pages éconduites,
Feuilles envolées,
Mortes, désolées.

Un poème en somme,
Impair -à quoi bon ?-
D’amour ou tout comme,
Écrit dans le ton
D’un genre qu’on nomme,
Eux avec dédain
Et moi sans : badin.

                               ***