mardi 19 novembre 2019

Au bout de la rue.




Tout au bout de la rue
Où les feuillages roux
Guettent la survenue
Rêvée du prochain coup
De vent pour qu’après tout
Ne soit que branches nues,

Là-bas où les vieux toits
Croissent sur le ciel sombre,
Plus ou moins de guingois,
Et s’entrecoupent d’ombre,
De cheminées sans nombre,
Aux greniers d’autrefois,

Dans cette aube lointaine
Et qui renaît si tard,
De lueurs incertaines
Et de bancs de brouillard,
Au-delà du regard,
Presque un présage à peine,

Maintenant je ressens,
Je perçois sa venue,
Il ne m’est plus absent :
Sa course retenue,
L’hiver monte à pas lent
Tout au bout de la rue.

                               ***        

Plus vraiment.




Ce soir le vent souffle du Nord
Et ce n’est plus vraiment l’automne,
Le froid de la nuit mord ;
Ce soir le vent souffle du Nord.

Déjà vient de chasser encor,
« Trop tard » à la pendule sonne ;
Ce soir le vent souffle du Nord
Et ce n’est plus vraiment l’automne.

                               ***

Roses de Novembre - Suite.




Avec le ciel gris pour décor,
Les frontons universitaires
Et les dernières feuilles d’or,
Un dernier bouquet solitaire.

Comme les dernières couleurs
Ce sont trois roses de novembre
Alors que l’automne se meurt
Et que l’hiver fait antichambre.

Un jardin, l’université
Et ces roses « mélancolie »
Qui viennent peindre en liberté
Comme une touche de folie

A la barbe et au nez du mois
Des froidures et des grisailles ;
Trois fleurs aux teintes de l’émoi,
Un sourire, vaille que vaille,

Parmi tout ce qui peut compter,
Un rayon de soleil d’été
Qui vient vous réchauffer les membres
En regardant trois roses de novembre.

                               ***