lundi 27 mai 2019

Danseurs nocturnes.




Au rythme feutré de la pluie,
Danse l’instant, danse la nuit,
Et la phrase qu’une autre suit,
Le point lumineux et la suie
Et la cire d’une bougie
Comme, à cette table où je suis,
Ma main que la rime conduit.
Sur les toits que le vent essuie
Le temps s’écoule et l’heure fuit,
Au bout de l’averse qui bruit
Ma strophe patiente et s’ennuie.
Et du faîte aux pierres enfouies,
Cent fois retrouvées et ravies,
La même ombre qui me conduit
Et la phrase qu’une autre suit
Et la flamme de la bougie,
Dans ma main la plume qui luit,
Dansant au rythme de la pluie
Me font la moue ou me sourient.

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vendredi 24 mai 2019

Soupir.




Au bout d’une allée de platanes
Où l’herbe aujourd’hui pousse dru,
L’ombre d’un château disparu,
Des perruques et des soutanes,
Des longues tables de cristaux,
Des chinois peints aux porcelaines,
Des grands miroirs et des tableaux
Montrant la campagne sereine.
De tout cela qui se souvient ?
Adieu jardins à la française,
Belles marquises, petits chiens,
La bergère en devenant chaise
N’a plus besoin des grands salons ;
Ce n’est pas que le temps me dure
C’est quelquefois qu’il est bien long
Et le reste est littérature.

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Méditation.




La nuit indifférente
Abrite nos chagrins,
Nos rêves, nos attentes,
Nos amours mal-contentes,
Nos bonheurs pérégrins,
Avec un goût de cendres
Et quelquefois de vin.

Ses charmes sont à vendre
Et ses divagations,
Et Babel et Sion,
L’autel et la muraille…
Passez votre chemin,
Rappelez-vous la paille
Et le poutre et la fin.

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