dimanche 13 janvier 2019

Au parc.




Et la première fois, j’étais enfant,
C’était une forêt de hauts feuillages,
Bien plus, une province, un continent
Car la première fois j’étais enfant.

C’était surtout, j’en revois encore l’image,
Un pays mystérieux et fascinant,
Tout d’aventure et de vagabondage
Où, c’est certain, des monstres étonnants
Défiaient des chevaliers de haut parage.

Ce n’est plus rien qu’un parc et ses passants,
Un lieu banal lorsque l’on a mon âge,
Mais la première fois, j’étais enfant,
C’était une forêt de hauts feuillages.

                               ***       

samedi 12 janvier 2019

Le chant de l'aïeul.




Chante-moi le chant des faucheurs
Du temps que l’on fauchait encore,
Chante-moi le chant des vanneurs
Qu’aujourd’hui tout le monde ignore.

Chante-moi le chant des marcheurs
Du temps qu’il n’y avait aux routes
Que ce genre de voyageurs
Et quelques cavaliers sans doute.

Chante-moi, veux-tu, la fraicheur
De l’aube au cri de l’alouette,
Le souffle des soirs de langueur
  grinçait une girouette.

Chante-moi le ciel enjôleur
De ces étés vibrants d’étoiles
Où les grillons sont pleins d’ardeur,
Où l’amour retire ses voiles.

Chante-moi l’immense bonheur
Où ma vie ancienne s’avance
Faite de paisible lenteur
Qu’agrémente autant de silence.

                               ***

vendredi 11 janvier 2019

A la fin de l'été.




Dans les grands arbres verts
Premières feuilles rousses ;
Automne qui te pousse
A préparer l’hiver
Dans les grands arbres verts ?

La fougère et la mousse
L’ont dit à mots couverts
Au geai comme au pivert :
Premières feuilles rousses.

Le ruisseau de concert
Avec l’ombre si douce,
Le champignon qui pousse
Et l’oie et le colvert
En ont parlé au cerf
Sous les grands arbres verts.

Se fane ce qui pousse
Ou se mette à couvert
Car la chaleur se trousse
Et puis le jour se perd
Et ma chanson s’émousse
Et mon cœur est désert ;
Dans les grands arbres verts
Premières feuilles rousses.

                               ***