dimanche 2 décembre 2018

Feuilles d'automne.




Je vois accourir les nuages
Sur l’horizon des temps prochains ;
J’entends monter depuis demain
Comme une rumeur d’un autre âge.

Du haut de la plus haute tour
N'a-t-on pas la meilleure vue ?
Il est des cécités voulues
Et beaucoup d’aveugles de cour…

Ce mois voit la fin de l’automne
Dont les ors jonchent le pavé
Si ces feuilles, au vent levé,
Volent partout, qui s’en étonne ?

L’hiver est un seigneur hautain
Qui se moque des feuilles mortes,
Elles doivent, devant sa porte,
Pourrir car tel est leur destin.

Lui qui se promène en carrosse
Ignore la boue des chemins,
Qu’on peut fort bien mourir de faim
Et qu’il est des printemps précoces…

                               ***

vendredi 30 novembre 2018

Petite chanson de nuit.



(Saintes - Charente Maritime.)


Une nuance de douceur,
Une lumière, une chaleur
Qui fait parfois danser les ombres,
Le temps qui s’enfuit sans encombre
Dans le calme sûr de la nuit,
Indifférente à ce qui suit.
Le papier que la plume gratte
Au rythme des mots qui se battent
Pour fredonner cette chanson
Avec rimes comme raison
Si tant est vraiment qu’il en faille
Pour qu’au loin la chanson s’en aille
Retrouver celle ou bien celui
Que la légèreté séduit

                               ***

L'après-midi.




L’après-midi ferme ses rideaux de pluie
Sur cette rue avec sa mélancolie
Des fins d’automne en ces villes sans gaieté
Où les murs gris ne s’en laissent pas compter.

Les temps sont durs, on sent que l’hiver approche
Et il y a peut-être anguille sous roche ;
Où que l’on aille on ne voit qu’esprits chagrins :
On parle d’injustice et de malandrins…

L’après-midi s’en moque bien et n’écoute
Ni la rumeur, ni le murmure des gouttes,
Ni la colère, encore moins les discours,
Elle s’enferme à la toute fin du jour,

Elle s’enferme et ne veut plus rien entendre,
L’hiver est proche, elle sait à quoi s’attendre.
L’après-midi n’a que faire des badauds
Et de l’Histoire : elle a fermé ses rideaux.

                               ***