mercredi 3 octobre 2018

Les Cahiers d'Autrefois - Une route d'automne.




L’automne est venu bien  tôt cette année,
De cendres, de vent aigre et de fumée,
De ciel si triste et de chemins pluvieux
Que le temps pèse lourd, à ne plus croire en Dieu.

La route luit qui passe grise et nue,
La route fuit et s’étire et sinue
Dont je ne sais, la toisant du regard,
Si elle sut jamais conduire quelque part.

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mardi 2 octobre 2018

Un courrier en retard.




Je ne sais plus que dire et mes mots sont usés
Qui voudraient inventer de nouvelles manières
De s’adresser à toi, ni discours, ni prière,
Ni serment si banal, ni compliment blasé ;

Mais pour chanter ton nom comme il est malaisé
De se montrer habile et la nuit toute entière
Ne me suffira pas ; trop médiocre ou trop fière
La rime ne suit pas mon dessein avisé.

Il faudra, mon amour, qu’hélas tu te contentes
De ce peu que je puis, ce peu qui me tourmente
Tant il est inférieur à mon premier souhait.

Ah, l’image de toi qu’au fond du cœur je garde
Dépasse tant les mots, du moins ceux que je sais,
Que je crains fort que ce courrier ne tarde.

                               ***

lundi 1 octobre 2018

Les strophes.




Instant de calme et de silence,
Il est deux heures du matin,
Ce que j’écris n’a pas de fin
Et l’on ne sait où je commence.

Cette strophe-là est pour toi,
Et peut-être bien la prochaine,
Et la suivante aussi je crois,
Et toutes celles qu’elle entraîne.

Si cela fait beaucoup, c’est vrai,
N’en conçois pas la moindre gêne,
Ni de surprise ou bien à peine
Car dans ce cas je me tairais.

Ta gêne autant que ta surprise
Me ferait douter d’un amour
Dont je croirais que je me grise
Sans qu’il soit payé de retour

Et j’écrirais ceci je pense :
Il est deux heures du matin,
A doux rêveur, folle dépense,
Il est grand temps d’y mettre fin.

                                                            ***