jeudi 2 août 2018

La Millième.




Ce n’était vraiment rien à la première page,
A la dixième, peu; quant on en vint à cent
Peut-être un horizon mais pas un paysage,
Naquit la cinq centième et c’était un présent
A tout le moins tangible aux marges de l’ouvrage.
Puis le nombre augmenta mais qui s’en aperçut,
Feuilles mortes du temps, temps des nouveaux ombrages,
On en compta sept cents, un seul homme le sut.
Et l’on trouvait de tout, de tout dans ces images,
Illusions de toujours et rêves en retard,
Peines du quotidien et bonheur de passage
Et l’on y faisait même aux trois-fois-riens leur part ;
Sept-cents fut oublié, on compta d’avantage,
De la feuille à la feuille, après combien de mois
Le volume en a mille et mille est un bel âge ;
Je n’en sais la valeur mais j’en connais le poids.

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La page que vous venez de parcourir est la millième de ce blog. Un grand merci à toutes celles et à tous ceux qui lisent et partagent ces textes avec tant de persévérance.

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Chercher.




Il faut le chercher loin ce bonheur qui m'obsède
Pour espérer un peu qu'enfin le destin cède
Ou paraisse céder;
Il faut le chercher loin sans rien pour vous aider.

Il faut le chercher loin et le chercher sans cesse,
Entre soirs d'espérance et matins de tristesse
Et ne pas s'arrêter
De crainte de tout perdre en passant à côté.

Car toute flamme naît d'une seule étincelle
Et qui peut bien savoir ce que l'instant recèle
Ou qui peut l'attester;
Il faut chercher longtemps et ne rien regretter.


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L'ombre et le souvenir.




Dans la douceur du crépuscule
Que berce l’odeur des lilas
L’ombre d’un amour déambule
Qui sur le mien règle son pas.

La voûte du ciel est turquoise
Au bord lointain de mon jardin
Où la lune fera, narquoise,
Poindre son disque d’argent fin.

La fraicheur monte de l’allée
Qui suit la courbe du gazon
Au rythme lent d’une soirée
Dessous d’obscures frondaisons.

Je vais la longue promenade
D’une ombre avec un souvenir
Au jardin de mes escapades
Où la glycine aime à fleurir.

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