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dimanche 24 mai 2026

Un petit mot.

 


 

Écrire un petit mot cela ne coûte rien,

Je le fais volontiers mais à qui l’écrirais-je ?

Je pourrais y parler de tout ce qui me vient

A l’esprit aujourd’hui, mais à qui l’enverrais-je ?

 

J’écrivais volontiers, je crois qu’on me lisait

Avec plaisir. Il est passé le temps des lettres,

Et puis la nuit s’en vient et la nuit on se tait…

Comme Marot « Ah, si je pouvais deux fois naître » !

 

De quoi suis-je vraiment en train de vous parler ?

D’amour, comme faisait ce guilleret poète ?

Des regrets bien connus des roses d’un été ?

Voire d’une illusion ou serait-ce une dette ?

 

Mais à quoi bon chercher ? Pourquoi se tourmenter ?

C’est un accès fiévreux, c’est un trop plein de plume,

Le besoin qu’un cabot a de se raconter,

Sur un temps dépassé des réflexions posthumes.

 

samedi 10 mars 2018

Le poète MAROT en exil.



(Château de Saumur.)
Le printemps sur la Loire
Doit avoir commencé
Et les prés rehaussés
D’aubépines en gloire
Auront su l’annoncer.

Il faut que j’imagine
Ce que je ne puis voir…
A l’aube j’y devine
Sur le ciel en sautoir
Des brumes pèlerines

Et tout un poudroiement
De teintes ivoirines
Tissé nonchalamment
Sur l’onde aventurine
Qui s’enfuit lentement.

Le vignoble bourgeonne
Aux coteaux de Saumur
Où l’ombre des vieux murs
Se reflète et frissonne
Dans le flot clair-obscur.

Et sous les tours d’Amboise
Où trois règnes se croisent
Il naît en mon esprit
Ces regrets du proscrit
Qu’aucun mot n’apprivoise.

                               ***      

Note:   

Clément MAROT (1496 Cahors – 1544 Turin, Italie) soupçonné de protestantisme dut quitter la France et s’exiler en Italie.