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mardi 11 mars 2025

Un tour de manège.


 Le monde tourne, tourne en rond,

C'est toujours le même manège,

Des tout petits aux cheveux blonds

Aux vieillards à barbe de neige.

 

Le ciel est bleu, le ciel est gris,

De la soie on passe à la boue,

On regarde tourner la roue

De la Fortune; on pleure, on rit.

 

Le manège tourne toujours

Au son de la même musique,

On vit, on meurt; chacun son tour,

Chacun  pareil, chacun unique,

 

De bien à mieux, de mal en pis,

Toujours la même trajectoire,

En majuscule c'est l'Histoire

Qui tourne, tourne sans répit.

 

samedi 22 février 2020

Une exposition de peinture.



Exposition Hans Baldung-Grien, (1484 ou1485-1545 ) - Karlsruhe 2020.


Sur ces petits tableaux deux personnages :
La jeune femme nue avec la Mort ;
Cinq siècles entre nous et cette image
Et tout ce qu’elle dit de notre sort
Demeure vrai que l’on veuille l’entendre
Ou non. Allons, regarde et souviens-toi,
Où celle-ci s’en va, tu vas descendre
A l’heure dite et tu n’as pas le choix.
Tout ce qu’en pleurs la jeune femme exprime
Tu le connais, demande-toi pourquoi
Tu tiens à l’oublier ou tu le grimes ?
Il te rappelle à l’éternelle loi,
A cette fin, au terme inéluctable
Que peu de nous acceptent de bon gré
Et que notre fortune est si muable[1]
Que le chemin est court du trône au pré.

                               ***                       


[1] Muable : changeante.

dimanche 5 février 2017

Le Gai Savoir.



(Château de Chenonceaux.)







Les mots d’amour ont-ils du poids ?
Le demander c’est y répondre
Et tout le reste va de soi :
Enfants ne vous laissez pas tondre
Ou votre hiver sera bien froid.

Le vieillard sait, sans dieu, ni maître,
Que ce qu’il fut il ne l’est plus
Comme il sait bien ce qu’il doit être
Et que dit-il ? « Marché conclu. »
Mais à quoi nous sert-il de naître ?

On me dit grand bien de Richesse,
De Pouvoir et d’Oisiveté
Mais si Fortune a des largesses,
A bien y voir et bien compter,
Nombreux sont ceux qu’elle délaisse.

Villon, poète et garnement,
Regrettait déjà sur la paille
Qu’il n’en allât pas autrement :
De nos amours, de nos ripailles,
Autant en emporte le vent !

Vaut-il mieux, je vous le demande,
Le discours, la phrase, le mot
Pour seule et unique provende
Ou la poularde et le gigot ?
Follet, qui hésite ou marchande !

Revenons au début : ma foi,
Vit-on jamais de gras poètes,
Riches d’écus de bon aloi ?
Ils sont pauvres, chétifs, nu-tête,
En ignorez-vous le pourquoi :

Les mots d’amour ont-ils du poids ?

                               ***
(Château de Chenonceaux.)