vendredi 3 octobre 2025

Un chant religieux ?

Parler de paradis ? Parler de purgatoire ?

Allons ! Je ne suis pas Péguy.

Je raconte des riens, de petites histoires

Et banales, du ton requis.

 

Je le fais sans façons, suivant ma fantaisie

Et je demande à Dieu pardon

D’avoir pour seul talent celui des facéties

Mais qui, premier, m’en a fait don ?

 

Ce serait déjà bien de parler de prières

Quand soi-même on en fait si peu !

Le paradis, l’enfer dépassent mes lumières :

Je compose comme je peux.

 

Sainte Mère de Dieu n’allez surtout pas croire

Que je sois d’abord paresseux !

J’ai souvent essayé, en vain, que de déboires

Pour rimer un chant religieux !


 

mercredi 1 octobre 2025

Paroles de feuilles.


 

Je ne raconte plus d’histoires

Ne pouvant plus en inventer

D’ailleurs compter passant conter

Où trouverais-je un auditoire ?

 

Qui voudrait encore écouter

Ce que disent les feuillages

Après minuit, en aparté,

Lorsque le vent vient de la plage ?

 

Ou ce que les grands tournesols,

Quand ce vent vient de l’Est, apprennent

D’une rumeur à fleur de sol

Sous les nuages qu’il entraîne ?

 

Les racontars d’un papillon,

Le bavardage des grenouilles,

La scie, aux beaux soirs, du grillon

Ou ce que les pigeons bafouillent ?

 

Ce que l’été sait sans leçons,

Ce qu’en octobre dit la pluie,

Mélancolique à sa façon,

Du temps de nos amours enfuies ?

 

Tout ce qu’un ciel étoilé dit

Ou tout ce que l’orage gronde

Et qu’a bien et souvent repris

Un poème aux rimes fécondes.

 

vendredi 26 septembre 2025

Les papillons.


Cent pas plus cent en font deux cents

Et deux cents pas du tourne-en-rond

Entre les deux fenêtres grises,

La mauvaise saison est de mise ;

Où sont passés les papillons ?

 

Ce qu’il pensait a pris la teinte

Des semelles de ses souliers,

Les toits qui l’ont pris en pitié

Ont des tuiles en demi-teinte ;

Et bien sûr aucun papillon.

 

La sirène aux lèvres de sainte

Donne son cœur en apparence

Et des baisers au goût d’absinthe,

Au court été de sa présence.

Pourquoi parler de papillons ?

 

Amour d’antan, ciel en haillons,

Les jours ont un goût de poussière

Et les mots n’ont plus de bâillon ;

S’il pouvait, il en serait fier :

Il n’y a plus de papillons.