Il me faudrait quelques siècles d’amour
Pour compenser mon rêve et ses heures déçues.
Je ne suis pas certain de trouver dans les nues
Ce qui sur cette terre a manqué à mes jours.
On dit que c’est bien mieux. Oui, mais c’est autre chose
Et ce qui m’a manqué me manquera toujours.
Je me dirai : « Pourquoi ai-je passé mon tour ?
J’y penserai et à quoi bon que je repose !
Le Paradis ? Mais non, c’est juste pour les saints
Et les amants déçus qui sait où on les range ?
Car si les Saints, en tout, font à peine une frange,
Les déçus de Vénus font un immense essaim !
