dimanche 3 mai 2020

L'avenir.




De quoi demain sera-t-il fait ?
Ce n’est pas les habits qu’il met,
Tout juste son chapeau qu’il change
Et les hommes sont bien étranges
De s’inquiéter à cet effet.
Comme le fumier ou la fange,
L’or demeure ce qu’il était,
Jamais le bavard ne se tait,
Ni l’injustice ne se venge ;
J’ajoute pour être complet
Que c’est ainsi du Tibre au Gange.

                               ***   
    

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(Derrière l'église de La Salute - Venise. )

Te souviens-tu des canaux de Venise ?
Dans le soir qui descend leurs berges sont plus grises,
Nos « je t’aime » d’alors les arpentent toujours
Et nos rêves y poursuivent leur cours.

Le crépuscule éteint, les marbres blancs s’effacent,
Teint de rose un dernier nuage passe,
T’ai-je embrassée dessus ce pont ?
Comme le temps me semble long,
Fais à ta guise ;
En t’écrivant moi je me souviens de Venise.

                               ***

vendredi 1 mai 2020

Prince de Mai.




Je connais bien ce petit vent
D’aubépines fleuries et de violettes
Qui rêvent de conter fleurette
A la jeunesse du Printemps.

Et je connais son équipage
D’ombres légères, de nuages,
En vestes de reflets changeants,
Rieurs et galonnés d’argent.

Je connais ce vent d’insouciance
Où sourit la reine des prés,
L’anémone aux reflets diaprés
Et la clochette porte-chance.

Je connais ce courrier de Mai,
Le grand Prince à qui je promets,
Au bout d’une longue abstinence,
Ma joie et parfaite allégeance.

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