jeudi 19 mars 2020

Un goût d'éternité.



(Depuis l'île d'Ouessant - Bretagne.)

Le temps qui court comme courent les nuages,
Ombreux comme eux, ne passe plus dans les parages.
D’ici le temps s’est dérouté :
On ne peut plus le décompter
Au cadran de la montre où l’aiguille s’arrête,
Pas plus qu’au sablier où le sable végète.
Comprenez-le, ce n’est pas rien :
L’éternité vous appartient !
Mais il va falloir l’occuper : par quel prodige
Et surtout pour…Il n’y a plus de temps vous dis-je !
Plus d’heures, de jours, de mois , d’ans ;
C’est autre chose que « longtemps » !
Imaginez un peu, vous existez sans cesse,
Sans attente et sans fin, sans joie et sans tristesse !
Je l’imaginais fort bien quand
Je me réveillai haletant…

                               ***       



Le nom de l'espérance.



(Le Pouldu port - Bretagne.)

J’entends le temps passer
Qui ronge ma mémoire
Comme il fit de ces gloires
Dont les ors ont fanés
Et l’heure qui me hante
Paraît rire dehors
Quand la ville s’endort
Dans cette nuit qui vente.

Quand irons-nous rêver
Du nom de l’espérance
Sur la route où s’avancent
Tant de jours oubliés ?
Les flots et les nuages
Ne demeurent jamais
Mais reviennent. Je sais,
Moi, ne vivre qu’un âge…

                               ***

Des rameaux.




Le glas lointain d’un clocher solitaire,
L’écho d’un cor tout au fond d’un vallon,
Le ciel brumeux, la neige sur la terre,
Des traits aimés qu’on quitte à reculons,
De tout cela naît la même tristesse
Qu’à sa lecture on retrouve en ton mot ;
Le cœur amer tu crois en sa justesse
Mais du bois mort naîtront d’autres rameaux,
Il reviendra cet absent de tes pages,
Les prés seront en fleurs sous le ciel bleu,
Le cor entonnera un air joyeux
Et le clocher sonnera ton mariage

                        ***