dimanche 12 janvier 2020

Variations crépusculaires.



(Strasbourg - Les Ponts-Couverts.)

A l’heure où le jour se défait
On peut me voir le long des quais,
Le long des quais du crépuscule,
A l’heure où le jour se défait.

Une semaine au grand complet,
Et dessous les ponts les reflets,
Passent comme je déambule
A l’heure où le jour se défait.

Dans les branches d’un noir de jais
Des arbres le corbeau se tait ;
S’il est un mot que j’articule
A ce moment, c’est le mot « paix » :
C'est l’heure où le jour se défait.

Ombre dans l’ombre, un peu distrait,
Lentement je retourne auprès
Des feux et des conciliabules
Dont la banalité me plaît
A l’heure où le jour se défait.

                               ***

vendredi 10 janvier 2020

Pour un ami en deuil.




Un jour d’hiver où toutes choses vont
Comme elles vont lorsque l'on est en vie :
Jours de guignon et jours comme une envie
De rire encor comme les amants font
Et les enfants quand en vient la saison.

Un jour d’hiver, voici la nostalgie
Des champs passés au peigne des sillons,
Vides sans fin d’un silence profond
Et de nos mains aujourd’hui désunies,
Un jour d’hiver au ciel de litanies.

Venez soupirs et cependant marchons,
Notre mémoire à tant d’ombres unies,
L’écho lointain d’une parole amie
Se perd déjà par-delà l’horizon ;
Le temps d’aimer et ce n’est pas si long,
La terre est froide et la source est tarie…

                               ***        

Alternative.




L’oisiveté ne me vaut rien
Mais le travail est encor pire,
Si somnoler me fait du bien,
L’oisiveté ne me vaut rien.

L’effort si je ne le contiens
M’épuise, cela va sans dire :
L’oisiveté ne me vaut rien
Mais le travail est encor pire.

                        ***