mardi 12 février 2019

Pantomime.




L’amour qui se pare de mots
Est un sentiment de façade,
Une pantomime un peu fade
Qui ne peut plaire qu’à des sots.

Le verbe devient un mensonge
Quand l’acte ne le suit jamais,
Hypocrite qui s’y complait,
Escroc de cœur, d’âme et de songe !

Les belles phrases ne sont rien,
On en dit plus en un seul geste
-D’autant que la mémoire en reste-
Qu’en cent discours qui sonnent bien
De grands mots en paroles lestes
Mais qu’à la fin nul ne retient.

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lundi 11 février 2019

Passant ou promeneur.




Est-ce un passant ? Un promeneur ?
Où s’en va-t-il ? La nuit est proche.
Il n’a guère l’air d’un flâneur,
Son pas lent quelquefois accroche
Sur un pavé irrégulier.
Parfois il presse un peu l’allure,
Parfois il traîne un peu les pieds,
Le jour s’efface, il n’en a cure.
Il pense : « Un de plus, un de moins
C’est tout un » et sa nostalgie
Immense, elle vient de très loin.
En l’observant on voit la vie
Qui marche en lui donnant le bras,
C’est une existence banale
Et dont nul ne se souviendra ;
Elle a ce sourire si pâle
Que dessinent d’anciens malheurs :
« Le temps n’est plus, pourquoi reprendre
Le décompte de nos erreurs ? »
Et moi je croyais les entendre ;

Moi le passant ou bien le promeneur…

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vendredi 8 février 2019

Le jeu du temps.




C’était alors et voici maintenant,
Oui, le temps passe, aussi les paysages
Et vous, et moi mais en se retournant
Il nous en reste au moins quelques images.

Laissons flotter un peu notre regard
Sur ces tableaux anciens peints de mémoire ;
Quoique l’on fasse il est toujours si tard
Et nous avons toujours peine à le croire.

Vieilles photos, vieux souvenirs, clin d’œil
Que l’on se fait de soi-même à soi-même,
Un pincement au cœur, l’ombre du deuil
Peut-être au bord d’un moment que l’on aime.

Et puis demain, le temps, ce fourre-tout,
Continuera ses tours de passe-passe,
Nous jouerons à son jeu, sans un atout,
Perdant à chaque pli… Mais qui s’en lasse ?

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