dimanche 25 novembre 2018

Danser.




Que j’aie raison ou que j’aie tort,
S’il faut aller, allons encor
Danser une chanson aux lèvres
Et qu’importe le monde en fièvre,
La tristesse de l’océan,
Le cri lointain de la tempête.
Puisque se taire est malséant
Voici l’hymne et la psalmodie,
A l’unisson, a capela,
-A quelle voix, ma voix unie ?-
Et ma vie est ce que voilà !
Qu’importe après tout qui m’appelle,
S’il faut aller, allons encor ;
Dessus la plume, une étincelle,
Mais si l’un veille, l’autre dort…
Réveillez-vous de la paresse,
Réveillez-vous de l’abandon,
Le temps s’enfuit, le temps me presse,
Que faites-vous sous l’édredon ?
Ah, que votre sagesse est mièvre !
Que j’aie raison ou que j’aie tort,
Une chanson au bord des lèvres,
Allons, venez danser encor !

                               ***

samedi 24 novembre 2018

En mémoire de monsieur B***.




Toute écriture est un vœu de partage,
La mienne, en vous perdant, en fait son deuil :
Aucun ne la comprendra davantage ;
Nous voici séparés par un cercueil.

Ce m’est un grand chagrin de composer
Ce soir des vers que vous ne pourrez lire ;
De tels chagrins qui peut les apaiser ?
Je vais continuer, bien sûr, d’écrire,

Je ne sais faire, après tout, que cela
Et puisque vous aimiez cette écriture,
Plus seul sans doute et puis un peu plus las,
Je poursuivrai pour vous cette œuvre obscure.

A mes yeux elle aura moins de valeur
Ne pouvant plus vous atteindre et vous plaire,
Son audience manquait beaucoup d’ampleur,
Elle en aura moins encor que naguère.

                               ***        

jeudi 22 novembre 2018

La Loire à nouveau.




Un banc de sable au soleil des vacances
Divise le flot nonchalant,
Les deux courants tentent chacun leur chance
A chaque bord de sable blanc.

En cent reflets où le fleuve paresse,
Si lent à s’enfuir, et se joue,
L’instant vient dire l’allégresse
Du bel été que la chance m’alloue.

Elle, si chiche au décours quotidien
De mes soucis, comment donc croire
Que me voici, ne redoutant plus rien,
Aux bords langoureux de la Loire ?

Ombre épaisse des bois, prés verdoyants,
Ciel bleu, murs blancs, gris de l’ardoise,
Orléans, Blois, Tours et Amboise,
Le flot s’enfuit, paisible en ondoyant.

Et ce flot qui s’enfuit chantonne
Les très beaux vers qu’on écrivit pour lui,
Beauté des mots qui le couronnent,
Gloire de noms dont l’écho le poursuit.

                               ***