dimanche 11 novembre 2018

Le 11 Novembre 1918 - Souvenez-vous.




La guerre pue atrocement,
Une odeur fétide et douceâtre :
La charogne et les excréments ;
La guerre pue atrocement.

Et l’on y meurt indécemment
Déchiqueté dans l’eau saumâtre
D’un champ de bouleversements ;
La guerre pue atrocement,
Une odeur fétide et douceâtre 
De sang et de vomissements.

On y meurt dans un bruit immense
De tonnerre et de sifflements
Qui déchirent cet air en transe
Où les innombrables fragments
De métal au hasard s’élancent
Et vous tuent indifféremment.

Mais ce matin soudainement
Ce grand vacarme a fait silence
C’est que la guerre brusquement
Vient de se terminer en France.

Dans ce grand calme, souveraine,
Plane encor l’odeur de charnier
Que rien ne dissipe ou n’entraîne
Car il ne faut pas l’oublier :

La guerre pue atrocement.

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Venez...




Sur le chemin où dorment les platanes,
Venez encore et marchons d’un bon pas,
Parlons un peu du temps qui nous condamne,
Sur le chemin où dorment les platanes.

La nuit sourit aux rêves qui se fanent,
Que direz-vous à qui trop vous aima ?
Sur le chemin où dorment les platanes,
Venez encore et marchons d’un bon pas.

                        ***

samedi 10 novembre 2018

Une foule de mots.




Chemin faisant, des mots de tous les jours
En une foule maladroite
Et si quelquefois ces mots boitent
C’est que l’âge leur joue un tour
Car en qui concerne l’âge
Ils en accusent un certain ;
Ce ne sont que des mots d’usage,
Dits et redits, usés, déteints,
Des mots faciles à comprendre,
Dits et redits un peu partout.
Et l’on sourit de les entendre
Quand ils passent auprès de vous,
Les uns ont l’accent des vacances
Et d’autres celui des parents
Mais les plus beaux, pour être franc,
Ont l’intonation de l’enfance.

                               ***