lundi 6 août 2018

Tisserand.




Au tissus de la vie,
Les mots comme navette,
L’espoir ou bien l’envie ;
Demain n’en fera qu’à sa tête.

Une bouche fébrile,
Le silence des mots,
Paroxysme facile
D’un temps pris en défaut...

Cette espérance d’être,
Cette rage d’avoir
Qui finit en « peut-être »
Et jamais en savoir.

Un jour de lassitude
Qui n’a pas découvert
Que toute certitude
Possède son revers ?

Tissés d’un fil de soie
Ou d’un fil de coton,
Pour la peine ou la joie,
Brocards ou bien haillons,

Au tissus de la vie,
Les mots comme navette,
L’espoir ou bien l’envie ;
Demain n’en fera qu’à sa tête.
                                                                             
                               ***

samedi 4 août 2018

Coup de chaleur.




Dans la rue flamboyante, à midi bien sonné,
La ville est un désert où les heures s’écoulent
Comme du plomb fondu. Mais où sont donc les foules
Qu’on voyait chaque jour en juin s’y pavaner ?

Il n’y a plus un chat, je ne vois plus personne,
Et les volets partout, ou presque, sont fermés.
Il me faudrait sortir afin de m’informer
Mais devant la chaleur j’hésite et j’abandonne.

Quelques degrés de plus et je suis bien certain
Qu’on verra les palmiers remplacer les platanes
Tout comme les chameaux concurrencer les ânes,
Le soir près du point d’eau péniblement atteint.

Les chacals aboieront dans la nuit sirupeuse,
Le sable envahira jusqu’au delta du Rhin
Et bien d’autres que moi, écriront, je le crains,
Écrasés de chaleur, des strophes nébuleuses.

                               ***     
  

vendredi 3 août 2018

L'herbe et la rose.




Pour le prochain été le jardin sera plein
De tulipes, d’iris et de roses trémières,
De souvenirs joyeux, de rayons de lumière,
Et son heureux aspect comblera mon dessein.

Il se reflètera dans ce que j’y compose
Le silence des nuits, le calme des matins,
Mon œuvre avancera pour culminer enfin
Dans un brin d’herbe drue, un pétale de rose…

Il y a bien longtemps que j’écrivis cela,
Le beau jardin n’est plus, sur ses jours s’étend l’ombre
Et cependant, dans cette mémoire qui sombre,
Le brin d’herbe et la rose ont gardé leur éclat.

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