samedi 4 août 2018

Coup de chaleur.




Dans la rue flamboyante, à midi bien sonné,
La ville est un désert où les heures s’écoulent
Comme du plomb fondu. Mais où sont donc les foules
Qu’on voyait chaque jour en juin s’y pavaner ?

Il n’y a plus un chat, je ne vois plus personne,
Et les volets partout, ou presque, sont fermés.
Il me faudrait sortir afin de m’informer
Mais devant la chaleur j’hésite et j’abandonne.

Quelques degrés de plus et je suis bien certain
Qu’on verra les palmiers remplacer les platanes
Tout comme les chameaux concurrencer les ânes,
Le soir près du point d’eau péniblement atteint.

Les chacals aboieront dans la nuit sirupeuse,
Le sable envahira jusqu’au delta du Rhin
Et bien d’autres que moi, écriront, je le crains,
Écrasés de chaleur, des strophes nébuleuses.

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vendredi 3 août 2018

L'herbe et la rose.




Pour le prochain été le jardin sera plein
De tulipes, d’iris et de roses trémières,
De souvenirs joyeux, de rayons de lumière,
Et son heureux aspect comblera mon dessein.

Il se reflètera dans ce que j’y compose
Le silence des nuits, le calme des matins,
Mon œuvre avancera pour culminer enfin
Dans un brin d’herbe drue, un pétale de rose…

Il y a bien longtemps que j’écrivis cela,
Le beau jardin n’est plus, sur ses jours s’étend l’ombre
Et cependant, dans cette mémoire qui sombre,
Le brin d’herbe et la rose ont gardé leur éclat.

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jeudi 2 août 2018

La Millième.




Ce n’était vraiment rien à la première page,
A la dixième, peu; quant on en vint à cent
Peut-être un horizon mais pas un paysage,
Naquit la cinq centième et c’était un présent
A tout le moins tangible aux marges de l’ouvrage.
Puis le nombre augmenta mais qui s’en aperçut,
Feuilles mortes du temps, temps des nouveaux ombrages,
On en compta sept cents, un seul homme le sut.
Et l’on trouvait de tout, de tout dans ces images,
Illusions de toujours et rêves en retard,
Peines du quotidien et bonheur de passage
Et l’on y faisait même aux trois-fois-riens leur part ;
Sept-cents fut oublié, on compta d’avantage,
De la feuille à la feuille, après combien de mois
Le volume en a mille et mille est un bel âge ;
Je n’en sais la valeur mais j’en connais le poids.

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La page que vous venez de parcourir est la millième de ce blog. Un grand merci à toutes celles et à tous ceux qui lisent et partagent ces textes avec tant de persévérance.

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