mardi 17 mars 2020

La chanson des mauvais temps.



(Beaugency - Loiret.)

Comme on tient dans l’obscurité,
Pour s’y mouvoir, une chandelle,
Un chant vient me réconforter
Mais la chose n’est pas nouvelle :

Les mauvais temps se prêtent à chanter.

Une strophe pour la beauté,
Une pour l’amour en promesse
Et que demain saura fêter,
Un refrain contre la tristesse :

Les mauvais temps se prêtent à chanter.

A capella, en aparté,
A voix claire voire à tue-tête
Ce qu’il faudra pour patienter
De couplets car je le répète :

Les mauvais temps se prêtent à chanter.

Faites bien mieux que d’écouter,
En faux-bourdon, en haute-contre,
Donnez de la voix sans compter
Que les échos vous le démontrent :

Les mauvais temps se prêtent à chanter.

                               ***       

dimanche 15 mars 2020

Les Roses I.




J’aurais pu pleurer ce matin
Pour un parfum ténu de roses
Qui me rappelait tant de choses
En le trouvant en ce jardin.

Bruissez feuillages mordorés
Sur le vert des vastes pelouses
Ce sera le plus bel été.

Quand le siècle vaut la minute,
Quand l’instant dit l’éternité,
Quand hier sait que demain débute
Et qu’il n’est plus rien à compter,

Bruissez feuillages mordorés
Sur le vert des vastes pelouses
Ce sera le plus bel été.

Le murmure des feuilles vertes
Ignore l’avant et l’adieu,
Il chante le chant mélodieux
Des joies toujours redécouvertes.

Bruissez feuillages mordorés
Sur le vert des vastes pelouses
Ce sera le plus bel été.

Toutes m’ont dit en aparté,
Car les fleurs ne sont pas que prose,
Ce sera le plus bel été
Et ne veux-tu pas en goûter,
Si peu que ce soit, quelque chose
Dans le parfum ténu des roses
Où meurt ce qui n’a pas été ?

Bruissez feuillages mordorés
Sur le vert des vastes pelouses
Ce sera le plus bel été.

                ***

samedi 14 mars 2020

Va et vient.




Le soir s’en vient, l’hiver s’en va
Et sur l’étang que le vent frôle
Passent les reflets que voilà
Et des nuages qui, c’est drôle,
Aujourd’hui ne s’attardent pas.

Quelque part au bout de l’image
Je crois qu’il pleut sur le Printemps,
Rien ne bouge au bord du rivage
Où quelque vieille barque attend ;
La solitude est sans message.

Qu’est-ce que l’Hiver qui s’enfuit
Emmènera dans ses bagages ?
Qui sait ? mais l’étang calme luit,
L’atmosphère qui s’en dégage
Mêle la douceur à l’ennui ;
Le mois de Mars tourne la page.

Voici l’heure entre loup et chien,
L’Hiver s’en va, le soir s’en vient.

                               ***