mardi 7 janvier 2020

L'arpenteur.




Le long des quais crépusculaires
Un piéton arpente ses jours.
Il ne semble pas que son tour
D’horizon soit spectaculaire
Si j’en crois la mine qu’il fait…


Lentement les reflets s’éteignent
Sur les canaux, sous les toits règne
Une ombre un peu triste, en effet.


Je ne sais pas quelle amertume
Rumine en marchant ce piéton ;
Le froid s’insinue à tâtons :
C’est un soir d’hiver moins la brume.


Vieilles tours, maisons d’autrefois,
Clartés vagues des lampadaires,
Ce piéton voûté, solitaire,
Qui fuit, ce pourrait être moi

                               ***

dimanche 5 janvier 2020

Heureux prophètes !




Avez-vous remarqué que les prophètes
Parlent un peu comme font les poètes ?
L’apocalypse ou de moindres revers
Ils vous l’annoncent volontiers en vers,
Roulements de tonnerre et avalanches,
Froncements de sourcils, effets de manche
Compris. C’est aussi ce que je fais, moi,
Mais sans succès, je ne sais pas pourquoi.
Peut-être faudrait-il que je me grime
En Isaïe avant la moindre rime
Et que je prenne soin de préciser :
« Dieu me l’a dit, c’est à vous d’aviser »…

                               ***        

Réminiscences.




C’est l’heure vide et nue
Des dimanches déserts
Quand meurt au fond des nues,
Pâle, un jour qui se perd
Et que dans les allées
Des jardins silencieux
Nos amours désolées
Nous plaignent d’être vieux…

Que dites-vous ma mie ?
C’est l’ombre ou c’est le froid
Ou votre fantaisie
Qui vous trompent je crois.
Dans la nuit le murmure
De mes mots s’est perdu
Et dans leur fuite obscure
Nulle n’a répondu.

                               ***