lundi 21 janvier 2019

Un soir d'hiver.




Le crépuscule est froid sous le ciel clair,
Au bord d’un toit tourbillonne dans l’air,
Lente et presque paisible, une fumée,
Panache gris sur une cheminée.

Raides, engourdis, solennels,
Les pignons découpent le ciel
D’un trait qu’on dirait tiré à la règle
Et dans le parc s’éteint un rire espiègle.

Par les allées, les familles s’en vont,
Déjà la nuit gagne au pied des maisons,
L’ombre est partout et le froid en coulisses ;
L’hiver c’est ainsi que les jours finissent.

Profitez-bien de ce dernier instant
Qui n’est pour vous qu’un moment parmi tant,
Enfants, amusez-vous du soir qui tombe
Et moquez-vous des saisons qui succombent.

                               ***

Tant.



(La grande rose de la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg.)

Tant de vers amassés
Au seul plaisir des pages
Qui les ont vus passer ;
Tant de vers amassées…

Des cahiers entassés 
Remplis de bavardages
Pour qui donc dispensés
Au seul plaisir des pages ?

Quel affreux gaspillage,
Il faut le confesser,
Et quel enfantillage ;
Tant de vers amassés !

J’en ai produit assez
Pour remplir dix ouvrages ;
Tant de vers amassés
Au seul plaisir des pages...

                               ***

jeudi 17 janvier 2019

L'arpenteur.




Saison après saison -depuis combien d’années ?-
J’arpente les pavés, les quais et les allées,
Je regarde le ciel, je contemple les toits
Et de places en ponts tout est un peu « chez moi ».
Juillet de canicule ou Janvier sans lumière,
J’arpente les trottoirs, les places familières,
Les squares très souvent et les boulevards moins ;
Je retrouve une vue ou j’explore un recoin,
Carrefours et portails sont un peu mon asile
Et les arrière-cours un peu mon domicile.
Je suis couleur de ciel et couleur de muraille,
Je ne pèse pas plus qu’un simple brin de paille
Ou qu’un grain de poussière ou qu’une plume au vent,
Je marche en regardant et je marche en rêvant,
J’arpente chaque jour ni plus gai ni moins triste,
J’arpente la cité et sans doute j’existe.

                               ***