jeudi 3 janvier 2019

Fable de saison.




Benoît, Janvier le Gris à la barbe neigeuse,
En souriant beaucoup, raconte des sottises
Dans un coin du jardin à un beau brin de brise
Qui déboule du Sud aux vertus voyageuses.

Pendant ce temps l’Hiver au fond d’un caboulot,
Sans discontinuer, s’avale du vin chaud
Et le Givre au café, où il a trouvé place,
Avec un beau Redoux cherche à briser la glace.

La Brume évidemment joue les filles de l’air,
La froidure s’énerve et le Verglas se perd ;
Les Grands Froids d’aujourd’hui ont des mœurs bien étranges,
Etonnez-vous après si notre climat change !

                               ***        

mercredi 2 janvier 2019

Lendemain de fête.




Le froid gris d’un début d’année
En toute incertitude,
Âme damnée
Des vieilles solitudes…

Le silence abattu
De ces réveils de fêtes,
Les rires se sont tus
Et la brume s’entête.

Trois cents soixante-cinq jours révolus
Et leurs suivants pour le meilleur et pour le pire ;
Au lever de rideau, rien à décrire,
L’an recommence au froid gris d’un début :
Matin banal mais certains ont trop bu.

                               ***

Pour après-demain.




Chantez mes mots puisque vous le pouvez,
En espérant que quelqu’un vous retienne
Et qu’après lui quelque autre à son tour vienne
Qui veuille vous reprendre et conserver ;
Chantez mes mots.

Quand de ce temps je me serai sauvé
Vous serez seuls mais qu’à cela ne tienne,
En reprenant cette voix qui fut mienne
Et ce qu’en vous mes rêves ont gravé,
Chantez mes mots.

Que votre chant parvienne à captiver
Ces ignorants de nos heures anciennes,
Oui, pour que les amours qui furent miennes
Trouvent ailleurs à se parachever,
Chantez mes mots.

Que l’horizon dont je serai privé,
Demeure à travers vous, que votre antienne
En soit l’image autant que la gardienne,
Un chantre aux accents éprouvés;
Dites la vie et prolongeant la mienne,
Chantez mes mots puisque vous le pouvez,
En espérant que quelqu’un vous retienne.

                               ***